Cinéma belge: Flashback 2023, 2e partie

2023, quelle année pour le cinéma belge! Dans la première partie de notre flashback, nous avons relevé les nombreuses sorties et belles sélections. Focus ici sur le deuxième semestre.

JUILLET-AOÛT

Avec le début de l’été s’achève le 6e Brussels International Film Festival, lors duquel L’Autre Laurens de Claude Schmitz et Adieu Sauvage de Sergio Guataquira Sarmiento remportent de nombreux prix.

Le 26 juillet sort le film français Sur la branche de Marie-Garel Weiss, au générique duquel on retrouve Benoît Poelvoorde, dans un rôle mélancolique qu’on lui connaît peu, ainsi que la jeune comédienne née à Bruxelles, Daphné Patakia – sélectionée pour sa performance parmi les révélations des César 2024 -, qui nous parle de ce rôle marquant ici.

L’Employée du mois, de Véronique Jadin, est en tournée au Japon, à Kyoto et Tokyo, et poursuit ainsi une tournée internationale florissante, puisque le film s’est vendu dans pas moins de 21 pays.

Le 9 août sort le quatrième long métrage d’Olivier Van Hoofstadt, Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, comédie sur les chapeaux de roue emmenée par Artus, épaulé par un casting azimuté au sein duquel on retrouve notamment l’excellente Bérangère Mc Neese (très drôle aussi dans Des gens bien, diffusée en 2023 sur Arte, la nouvelle série des auteurs de La Trêve, mais aussi dans la saison 3 de HPI).

Bouli Lanners l’a dit: il en a fini avec la réalisation. On le retrouve à l’affiche du film de Rémi Bezançon, Un coup de maître, aux côtés de Vincent Macaigne. On le rencontre chez lui, où il nous parle longuement de ce rôle, mais aussi de son rapport à la peinture, et ses envies artistiques pour les années qui viennent.

SEPTEMBRE

On découvre sur grand écran Les Gentils d’Olivier Ringer, incarnés avec générosité par Renaud Rutten, Isabelle de Hertogh, Achille Ridolfi et Tom Audenaert.

Le 13 septembre sort Luka, le nouveau film de Jessica Woodworth, magnifique relecture en noir et blanc du livre culte de Dino Buzatti, Le Désert des Tartares. Le lendemain, on découvre le film qui représentera la Belgique aux Oscars: c’est Augure, premier long métrage de Baloji découvert à Cannes, qui portera les couleurs belges.

Septembre est un mois chargé en sorties: le 20 sort Le Syndrome des amours passées, la comédie romantique revisitée imaginée par Ann Sirot et Raphaël Balboni, avec les irrésistibles Lucie Debay et Lazare Gousseau. La semaine suivante, dans un tout autre style sort The Wall, de Philippe Van Leeuw, portrait implacable d’une policière américaine postée à la frontière mexicaine, qui décortique les mécanismes du racisme qui la ronge. Un rôle âpre, dont s’empare avec force la comédienne luxembourgeoise Vicky Krieps.

OCTOBRE

Depuis près de 40 ans, octobre rime avec Namur! La 38e édition du Festival International du Film Francophone de Namur consacre le talent multiforme d’une jeune autrice belge qui réalise l’exploit de remporter pour la deuxième fois le Bayard d’Or à tout juste 30 ans. Après l’avoir remporté en 2020 pour son magnifique documentaire Petit Samedi, elle le remporte cette année pour Il pleut dans la maison, son premier long métrage de fiction, découvert et primé à Cannes au printemps. Une belle reconnaissance qui confirme les espoirs placés en elle.

Lors du festival, on croise de nombreux talents belges, évidemment, dont Arieh Worthalter, impressionnant dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn, qui sort ce 4 octobre, et qui nous parle ici de ce rôle.

Le mercredi 11 octobre sortent deux documentaires bien différents. Christophe Hermans poursuit son exploration de l’hôpital en période de crise avec Des corps et des batailles, qui suit la vie d’un service de soins intensifs en pleine seconde vague du Covid. De leur côté, Guillermo Guiz et Gilles Dal, que l’on a rencontrés, rendent hommage, de façon très subjective et très créative aux Snuls, qui fêtent leurs 30 ans, dans Snuls, de toutes façons dans vingt minutes vous aurez tout oublié.

On n’arrête plus les sorties avec L’Autre Laurens de Claude Schmitz qui sort le 18 octobre, qui s’empare des armes du film noir pour régler leur compte aux héros testostéronés de sa jeunesse, et revisiter le genre, dans tous les sens du terme.

NOVEMBRE

Après Virginie Efira, c’est au tour de Cécile de France de s’inviter dans l’univers bien personnel d’Albert Dupontel. Elle est l’héroïne de Second Tour, la nouvelle comédie grinçante et décapante du cinéaste français, dont elle nous parle ici. Deux autres comédiennes belges se distinguent à l’affiche: Emilie Dequenne dans Complètement cramé de Gilles Legardinier, et Virginie Efira dans Rien à perdre de Delphine Deloget – où l’on retrouve aussi, décidément, Arieh Worthalter.

Le 9 novembre sort Augure de Baloji, découvert et primé à Cannes, et choisi pour représenter la Belgique aux Oscars. Baloji nous parle ici de ce projet si intime et si particulier, qui dévoile une nouvelle corde à l’arc de sa créativité, et signe une entrée fracassante dans la cour des grands du cinéma, déjà entamée avec ses courts métrages.

Les César 2023 annoncent les jeunes comédien·nes repéré·es cette année par leurs soins, et qui constituent le joli groupe de leurs Révélations 2024, parmi lesquel·les on se réjouit de retrouver quatre Belges: Mara Taquin, pour sa performance dans La Petite (dont elle nous parle ici), Daphné Patakia pour Sur la branche (voir ci-dessus), Julien Frison pour Le Théorème de Marguerite (qui devrait sortir en Belgique au printemps 2024) et enfin Marc Zinga pour Augure.

Le 15 novembre, c’est au tour de Yolande Moreau de signer son grand retour comme réalisatrice avec La Fiancée du poète, film d’art et d’amour mélancolique et poétique. Elle nous en parlait ici. Le 22 enfin sort Holly, le nouveau film de Fien Troch, découvert à Venise, et coproduit par Les Films du Fleuve. La cinéaste flamande nous parle ici de ce nouveau long métrage, aussi percutant que les précédents.

DÉCEMBRE

Si le rythme des sorties ralentit en ce début de mois, les cinéphiles auront leur lot de cinéma belge pour les fêtes, avec deux opus très différents. Abel et Gordon sont de retour avec L’Etoile Filante. Ils s’essaient cette fois-ci au film noir, sans renier bien sûr leur ADN de clown. Un film noir tout en couleur donc, mélancolique mais extrêmement réjouissant, tant leur goût du burlesque, et d’un artisanat hautement poétique résiste au monde qui s’assombrit toujours un peu plus.

Enfin, fin d’année oblige, on pense aux plus jeunes avec Les Inséparables, nouveau film des studios d’animation bruxellois nWave, réalisé par Jérémie Degruson, une relecture drôle et contemporaine du personnage de Don Quichotte, rythmé par la musique de Puggy. Un must see en famille!

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