Le Festival de Cannes a offert une expérience immersive au cœur de l’univers de U2 avec la présentation du documentaire d’Andrew Nichols: Bono: Stories of Surrender. Ce film, salué pour son approche intime et sa narration novatrice, a résonné avec des échos familiers pour les cinéphiles et les mélomanes. Evoquant par moments la puissance visuelle d’un Rattle and Hum revisité, mais avec une profondeur rappelant aussi le ton contemplatif de certains documentaires musicaux de référence véritablement cinématographiques comme Searching for Sugar Man.
Et les interviews de Bono (photo © JP.Malherbe/N.L.P.) sur la Croisette ont amplifié cette résonance. Comme lorsqu’il a évoqué la genèse du groupe et les défis de leur longévité, on ne pouvait s’empêcher de penser à la camaraderie et aux tensions explorées dans des films musicaux emblématiques tels que This is Spinal Tap, bien que le ton ici soit résolument plus sérieux et personnel. Sa réflexion sur l’évolution du son U2 et leur engagement constant a rappelé l’esprit contestataire et l’ambition artistique qui transparaissaient déjà dans des titres comme Sunday Bloody Sunday ou New Year’s Day.
The Edge, guitariste du combo, lors d’interviews plus techniques dans le film, plonge, lui, dans la complexité sonore qui a toujours défini U2, avec, par exemple, les riffs inoubliables de Where the Streets Have No Name ou les textures expérimentales de Zooropa. Ses explications évoquant parfois la méticulosité des réalisateurs explorant de nouveaux langages cinématographiques, à l’image de l’approche novatrice d’un Blade Runner 2049 dans sa conception sonore, par exemple.
Quant à eux, les témoignages croisés du bassiste Adam Clayton et du batteur Larry Mullen Jr. sur les débuts du groupe à Dublin ramènent à l’énergie brute et à l’urgence de titres comme I Will Follow ou Out of Control.
Leurs récits sur la formation de U2 et les premiers concerts dans des lieux modestes faisant écho avec aux histoires de jeunes protagonistes cherchant leur voie, que l’on retrouve dans des films comme Sing Street.
Enfin, les conversations à plusieurs entre les membres du groupe, moments forts du documentaire, permettent de saisir la dynamique unique qui les unit, faite de désaccords créatifs et de complicité fraternelle. Ces échanges ont parfois rappelé les évolutions complexes de groupes iconiques immortalisées dans des documentaires comme The Last Waltz, capturant à la fois la magie et les frictions inhérentes à une collaboration artistique de longue haleine.
Dans ses interviews cannoises, en marge de la présentation du film, Bono a également abordé l’impact de l’art comme catalyseur de changement, un thème central dans des chansons engagées comme Pride (In the Name of Love) et One.
Et son espoir de voir le documentaire susciter une réflexion sur les enjeux contemporains a fait écho à la puissance du cinéma engagé, à l’image de films poignants genre Hotel Rwanda.
Bref, ce documentaire n’est pas seulement un portrait intime d’un groupe légendaire, mais tissé aussi des liens subtils avec l’histoire du cinéma, soulignant l’impact culturel durable de U2 et la pertinence de ce nouveau regard porté sur leur parcours.
On attend une sortie au cinéma d’ici la fin d’année…
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