Ce mercredi sort Radioman, de Frank Van Passel, une ambitieuse production historique, qui rend hommage à l’univers de la radio belge à l’orée de la seconde guerre mondiale, et à son vaisseau amiral, le célèbre bâtiment Flagey.
Radioman commence par un compte-à-rebours, le 5 mai 1940, cinq jours avant l’invasion par l’Allemagne de la Belgique et des Pays-bas, pays alors considérés comme neutres dans le conflit mondial. Alors que l’on renvoie chez eux des enfants juifs ayant tenté de fuir l’Allemagne nazie, une question se pose aux Belges d’origine juive: rester ou partir? Elza (Femke Vanhove) elle n’a qu’un seul rêve: se produire sur scène, comme sa mère disparue. En attendant, elle chante des pubs à la radio, en espérant monter en grade, pourquoi pas devenir actrice dans l’un des feuilletons radiophoniques qui séduisent le public belge et contribuent à lui faire oublier, quelques minutes par jour, les temps sombres qui s’abattent sur lui. Au détour d’un studio, son chemin croise celui de Berre (Jeffe Hellemans), petit génie du bruitage. D’abord chacun dans leur bulle, ils vont peu à peu s’apprivoiser, alors que le pays bascule. Autour d’eux gravite une galerie de personnages secondaires qui chacun incarne une facette de la population belge en cette période troublée. Polak (Koen de Bouw), le bruiteur qui a pris Berre sous son aile, mis face à d’inacceptables compromissions, préfère reprendre sa liberté au prix de sa vie. Fons Belloy (Peter Van den Begin), la star masculine de la pièce radiophonique dans laquelle joue Elza, sous ses allures de séducteur à l’ancienne ne cache bientôt plus un antisémitisme désormais revendiqué. Alors que dans les coulisses, le roi des Belges Leopold III retourne sa veste, la population cède, capitule, ou s’organise.
Frank Van Passel use du prisme de l’histoire d’amour pour raconter l’histoire nationale d’un petit pays dans un grand tumulte. Et comme le son joue une part non négligeable dans la façon dont celle-ci se déploie, le cinéaste opte pour une approche sensorielle, dont le ton alterne entre le conte moral et le fantastique, à travers une poignée de scènes fantasmagoriques qui viennent ponctuer la valse des deux amants, incarnés avec fougue par deux jeunes talents à surveiller, Femle Vanhove et Jeffe Hellemans.
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