Thomas Damas dévoile ce jeudi 26 juin en première belge son premier long métrage de fiction, Pour se revoir, sélectionné en Compétition Nationale au Brussels International Film Festival.
Le film nous plonge au coeur d’une unité mobile d’accueil des familles momentanément séparées par l’institution publique. Il s’agit de structures itinérantes, ici un camion aménagé, mis en place par la justice pour offrir à des parents ayant perdu la garde de leurs enfants des lieux de rencontres sécurisés et neutres, sous l’oeil bienveillant du personnel d’accueil. Un espace/ temps encadré qui permet au contact d’être rétabli. Le parent concerné peut ainsi conserver une relation avec l’enfant, alors que ce dernier se sent accompagné pour retrouver son père ou sa mère, de manière progressive.

Thomas Damas suit sur le temps long, au fil d’une année, deux mères qui tentent par ce biais de maintenir ou reconstruire avec leur enfant un lien abîmé par la vie, les erreurs passées et les conflits familiaux. Le récit se déploie dans l’instant présent, il n’y a pas d’autre recontextualisation du parcours des familles que ce qu’en disent les enfants, quelques bribes d’information sur les conflits redoutés ou les craintes qui doivent être dissipées. L’objet de la peur n’est pas le sujet, même si l’on devine que la présence d’un conjoint violent, un deuil trop douloureux, ou des séparations réitérées ont pu dégrader la confiance, voire la rompre. D’un côté on suit une jeune maman, enceinte au début du film, qui souhaite retrouver ses deux filles issues de deux unions différentes. Les relations avec les pères, qui ont la garde des enfants, restent très tendues, et l’un des deux ne présente souvent pas sa fille lors des rendez-vous fixés par l’institution. Malgré ces absences, la mère tente vaille que vaille de maintenir le lien, avec ses armes à elle, un casse-croûte, ou un cadeau. De l’autre côté, une mère séparée de sa fille adolescente, proche de la majorité, qui a fait la demande de rester dans sa famille d’accueil au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. Malgré ce choix dur à porter pour la mère comme pour la fille, leurs rencontres sont riches d’un amour et d’une complicité qui retrouvent au fil du film leur substance. A travers ce huis-clos délicat, entre les murs de l’Espace-Rencontre, Thomas Damas donne à voir comment les liens familiaux, aussi distendus soient-il par les situations complexes traversées par ses protagonistes, doivent être choyés et entretenus, avec l’aide discrète mais engagée des conseillères qui encadrent ces moments de re-création de la fragile cellule familiale.
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