Le cinéaste iranien Asghar Farhadi, doublement oscarisé et habitué des honneurs cannois, sera encore de la partie lors de cette 79èm édition du Festival. Présenté en Compétition officielle, son nouveau long-métrage, Histoires parallèles, marque son grand retour au cinéma francophone treize ans après Le Passé.
Pour ce nouveau thriller psychologique et moral, Farhadi s’est entouré de la crème du cinéma français. On retrouve en tête d’affiche Isabelle Huppert, magistrale en romancière recluse, aux côtés de Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Catherine Deneuve et la révélation Adam Bessa. Un choix de distribution ambitieux pour porter une narration double et troublante, tournée intégralement dans les rues de Paris.
Le film suit Sylvie (Isabelle Huppert), une autrice en panne d’inspiration qui se met à espionner ses voisins d’en face pour nourrir son prochain livre. Lorsqu’elle engage le jeune Adam pour l’aider dans ses tâches quotidiennes, elle ignore encore que ce dernier va bouleverser son existence. Très vite, le jeu de piste littéraire dérape, et la fiction qu’elle a imaginée commence à dépasser dangereusement la réalité. « Une question qui court à travers tout le film consiste à interroger ce qu’on nous donne à voir comme étant le réel », a confié le réalisateur.
D’une durée de 2 heures 19, Histoires parallèles s’inspire librement de l’épisode VI du célèbre Décalogue du maître polonais Krzysztof Kieślowski (Brève histoire d’amour). Rompant avec la structure strictement linéaire de ses précédents chefs-d’œuvre comme Une séparation ou Le Client, Farhadi s’essaie ici avec brio aux jeux de miroirs narratifs.
Bien qu’il s’éloigne géographiquement des failles de la société iranienne qu’il dénonce habituellement en filigrane, le cinéaste reste fidèle à son obsession majeure : le dilemme moral et les zones grises de l’âme humaine. Interrogé sur le pessimisme apparent de son ouverture, Farhadi a nuancé lors des rencontres sur la Croisette : « Quand j’étais jeune, ma vision était plus désespérée. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’espoir dans un futur lointain. »
Le tapis rouge cannois est une seconde maison pour Asghar Farhadi.
Son historique avec le festival parle pour lui :
- 2013 : Le Passé(Prix d’interprétation féminine pour Bérénice Bejo)
- 2016 : Le Client(Prix du scénario et Prix d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini)
- 2021 : Un héros(Grand Prix du Jury)
- 2022 : Membre du Jury officiel sous la présidence de Vincent Lindon.
La sortie nationale coïncide immédiatement avec sa présentation cannoise, c’est-à-dire ce 15 mai.
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