Dead Man Talking: un triomphe sinon rien

C’est donc ce mercredi que sort sur nos écrans Dead Man Talking, une chance unique pour le public francophone de créer l’événement, de  faire la fête à un film qui non seulement le mérite, mais qui surtout va VOUS faire plaisir. Parce que c’est ça le ciné: une quête d’émotions et de plaisir. Une fois que le film est en salles, on se moque un peu de savoir si l’équipe a eu du mal à le réaliser. Soit il plaît, soit il ne plaît pas. Soit il vous ennuie, soit il vous laisse de marbre, soit il vous ravit. Et sur ce coup-là, nous prenons tous les paris : Dead Man Talking va vous plaire. Pas un peu, pas beaucoup, mais carrément à la folie.

 

Pour ponctuer et résumer tout ce que nous avons déjà écrit, disons-le simplement : pour nous, le premier long métrage de et avec Patrick Ridremont est une réussite ahurissante.

 

 

Ahurissante? Mais oui, cette faculté de jongler avec les climats les plus outrageusement opposés et de réussir à chaque fois à faire mouche. De renverser l’humeur en deux mots ou un regard.

Ahurissante? Mais oui, cette maîtrise du scénario qui alterne le présent, le passé, l’intérieur de la prison et l’extérieur, chaque contrepoint enrichissant le propos pour faire lentement, mais inexorablement monter la tension.

Ahurissante? Mais oui, cette direction d’acteurs dans le chef d’un réalisateur débutant occupé aussi à jouer le rôle principal.

Ahurissants? Mais oui, ces décors et ces costumes sortis d’une imagination foldingue et qui nous émerveillent comme des gosses avides de fables et d’histoires de fous (Magritte assurés?).

Ahurissante? Mais oui cette absence de bons sentiments, ce refus des conventions, cette faculté de nous faire aimer des gens qui ne sont pas des saints, ni de gentils génies, ni même des individus fort sympathiques.

Ahurissante? Mais oui, cette témérité des producteurs (Sylvain Goldberg et Serge De Poucques en tête) qui ont décidé de soutenir ce projet de grand malade et de le mener jusqu’au bout, jusqu’à une espèce de perfection qui n’appartient qu’à lui.

Ahurissante? Mais oui, cette œuvre où on découvre de nouvelles richesses à chaque vision (et nous en avons emmagasiné quelques-unes par pur plaisir) sans jamais pouvoir se libérer des émotions qui nous assaillent comme des chiens enragés qui refusent de lâcher le morceau (l’image n’est pas gratuite)

 

Alors que le cinéma flamand surfe encore sur la vague de Rundskop, le cinéma belge francophone se cherche un étendard. Si ce n’est pas celui-ci, nous n’avons rien d’autre à vous proposer dans l’immédiat.

D’autres films emballants sortiront dans les prochaines semaines; rien qu’aujourd’hui La Tête la Première, que nous avons soutenu à bout de bras, arrive dans les salles.

Mais aucun ne s’adresse à un cœur de cible aussi large (tout le monde, des kids aux séniors) avec autant d’atouts pour devenir un succès commercial. Leurs ambitions sont différentes. Celle de Dead Man Talking est de vous renverser, collectivement. De s’offrir le strike du siècle!

 

Oui, Dead Man Talking est un film audacieux, intelligent, dingue, mais qui plaît visiblement à tous les types de spectateurs. Un film qui comme Rundskop marque la naissance d’un réalisateur hors pair qui signe une première œuvre virtuose, un de ces premiers longs métrages miraculeux dont on se demande comment son auteur va bien pouvoir se dépêtrer pour passer à autre chose.

Mais qu’importe pour l’instant? Que Patrick se débrouille ! Aujourd’hui, Dead Man Talking sort sur les écrans et c’est la seule chose qui compte.

Cette bombe atomique est une occasion unique offerte au public belge francophone de prouver qu’il peut, lui aussi, faire la fête aux siens et oser le pas qui le mènera au septième ciel cinématographique. De prouver que lui qu’on dit parfois si frileux (si, si, on le dit) peut avoir la curiosité de tester un bonbon acidulé au goût venu de nulle part, de le laisser fondre dans sa bouche, de se laisser emporter sans arrière-pensée et de partager ensuite son plaisir avec ses amis, qui à leur tour…
C’est ainsi que naissent les succès. Il n’y a aucune alternative.

Car Dead Man Talking n’est pas qu’un film, c’est un virage et une opportunité. L’opportunité d’un virage. Si vous le ratez, nous risquons tous de nous en mordre les doigts. Pour longtemps.

Et nous, nous avons très envie de voir plein d’autres films de (ce) genre dans les prochains mois, dans les prochaines années.

Aujourd’hui, c’est un peu comme si le sort du cinéma belge (francophone) était entre vos mains. Avec enthousiasme et un plaisir constant, nous avons amené Dead Man Talking jusqu’à vous. Et maintenant que le flambeau est transmis, c’est à vous de le porter haut. Et d’éviter à tout prix qu’il s’éteigne dans l’indifférence.

 

Philippe Pierquin (rédacteur en chef de Cinevox)

 

 

 

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