Avec Renoir, Thomas Doret revient à Cannes

Ajouté en toute dernière minute à la sélection officielle, Renoir fera à Cannes la clôture de la section Un certain Regard ce samedi soir. C’est l’occasion pour un jeune Liégeois de 15 ans de réaliser un coup double d’anthologie. À ce stade, il n’a que deux films à son actif… et déjà deux apparitions sur la Croisette. Thomas Doret a le chic pour marquer les esprits

 

 

« Je suis vraiment content de retourner là-bas. J’y allais de toute manière les 22 et 23 mai pour la soirée « Magritte », mais avoir un film en sélection, c’est merveilleux. J’avais lu sur Internet que Thierry Frémaux (le délégué général du Festival, ndlr)  avait aimé le film, mais Renoir n’était pas dans la première sélection annoncée. Quand j’ai appris la bonne nouvelle hier, j’ai tout de suite envoyé un SMS au réalisateur pour le féliciter et j’ai aussi prévenu Jean-Pierre et Luc qui étaient ravis. »

 

Car oui, cette semaine, Thomas, titulaire du Magritte de la révélation masculine de l’année pour sa prestation époustouflante dans le dernier long métrage des frères Dardenne (récompensé l’an dernier sur la Croisette), a déjà fait l’aller-retour vers la Grande Bleue. Il y a participé à la Fête des Belges. On le voit ici avec  Erika Sainte, Magritte de la révélation féminine de l’année pour sa formidable composition dans Elle ne pleure pas elle chante de Philippe de Pierpont. Un duo très complice pour la photo.  La faute à Erika qui, glissant d’emblée son bras autour de  l’épaule de Thomas, lui murmura: « eh ben, je vois que ça marche de mieux en mieux avec les filles! »

Une remarque déjà drôle à la base, mais carrément hilarante quand on se souvient du discours du jeune homme en recevant son Magritte…

 

 

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois Renoir sur ce site.  Nous avons présenté le projet en exclusivité, interviewé Thomas pendant le tournage et même publié les toutes premières photos officielles sur le Net.  Alors qu’il était dans le Sud, Thomas commentait ainsi le film en cours de tournage :  » On ne peut pas comparer les deux films, car ils sont très différents. Ici, on n’a pas répété pendant de longues semaines avant de débuter le tournage. Je ne dirais pas que c’est plus facile, c’est juste une autre expérience. L’avantage pour moi est que les frères Dardenne m’ont énormément appris et que je profite leurs conseils me facilitent le travail sur ce nouveau film. »

 

 

Loin du film contemporain, social et nerveux, façon Dardenne Brothers, Renoir aborde les dernières années de la vie du peintre Auguste Renoir, au début du XXe siècle et sa relation avec ses fils Pierre, Claude et Jean Renoir. … Auguste est interprété ici par Michel Bouquet, ses fils par Thomas donc, et Vincent Rottiers, acteur phare de la nouvelle génération française qui incarne Jean, un des plus grands cinéastes du XXe siècle:

« Il est génial dans le film », confirme Thomas. « En plus, il est super sympa »

 

Vincent et Thomas se sont, en effet, trouvés sur le tournage. Rien d’étonnant, car ils présentent un profil un peu similaire : tous deux sont des comédiens viscéraux qui dégagent devant la caméra une animalité fascinante. L’acteur français à l’affiche de L’Hiver Dernier et qu’on découvrira bientôt dans Le Monde nous appartient de Stéphan Streker  (voir notre grand écran) a lui aussi des mots très gentils pour le jeune liégeois :  » Dans le film, Thomas incarne mon petit frère. Sur le plateau notre relation était un peu pareille. En dehors du tournage, on faisait des choses ensemble. On allait à la piscine par exemple. Thomas est un garçon vraiment cool. Il a une volonté incroyable, une détermination. Entre nous, on l’appelait le bouledogue. Il ne lâche rien ! Comme dans le film des Dardenne.  »

Servi par une photographie sublime, Renoir fascine déjà en quelques clichés imprimés.

 

 

« C’était un tournage très agréable », continue Vincent (photo ci-dessus). « Une petite équipe très soudée, bonne ambiance. En plus, on tournait dans le Sud. Il faisait beau. Grâce à ce film, je me suis aussi intéressé à la peinture et aussi au personnage de Jean Renoir que je joue. J’avais vu quelques-uns de ses films, mais je ne connaissais pas vraiment l’homme. C’est quand même une famille incroyable. Tout ce talent… »

 

Notons qu’une autre Belge, la très jolie Cécile Rittweger, apparaît dans le film : elle incarne une des cinq servantes de Renoir.

 

Imaginé comme un projet plutôt discret,  Renoir prend donc tout à coup des proportions incroyables. Vu le nombre de longs métrages français désireux d’être présents sur la Croisette, sa sélection est une réelle performance. Et Thomas n’a évidemment aucune envie de bouder son plaisir.

 

Cette nouvelle sélection cannoise est aussi une formidable occasion de se rappeler d’urgence au bon souvenir des professionnels qui attendaient sans doute de voir s’il n’était pas l’acteur d’un seul film pour lui proposer de nouveau rôle. Là, c’est tout vu.

 

« J’ai envie de goûter à tous les styles, de ne pas m’enfermer dans un type de rôle. Ensuite, je verrai ce que je préfère ».

 

Et quand on lui demande s’il est pressé de retourner sur les plateaux, c’est sans aucune hésitation qu’il approuve : « Grave oui ! Très très pressé. J’adore ça et ça me manque. »

 

 

[A lire : une première critique sur le site de nos amis de Cineuropa]

 

 

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