Ce film très attendu (et déjà sorti en France depuis décembre dernier), qui rappelle le cultissime La Haine, traite de la question du mal logement.
« Je n’aime pas trop le terme de « cinéma de banlieue que l’on me colle souvent, je fais du cinéma tout court », explique encore et encore le cinéaste qui avait signé Les Misérables. Ce film sur les violences policières qui avait séduit 2,1 millions de spectateurs, récolté 4 César (dont celui de Meilleur Film), gagné le Prix du Jury Cannois, et avait été nominé parmi les candidats à l’Oscar du Meilleur film Etranger.
Cette fois, Bâtiment 5 suit Haby, jeune femme très impliquée dans la vie de sa commune. Qui découvre le nouveau plan de réaménagement du quartier dans lequel elle a grandi. Mené en catimini par Pierre Forges, un jeune pédiatre propulsé maire, il prévoit la démolition de l’immeuble où Haby a grandi. Avec les siens, elle se lance dans un bras de fer contre la municipalité et ses grandes ambitions pour empêcher la destruction du bâtiment 5. Un scénario inspiré du propre parcours familial de Ladj Ly: « Nos parents ont tous acheté, on était tous propriétaires ! On nous a dit: « Pour s’intégrer, il faut être propriétaire. » Ils ont fini de payer leur crédit à 15% de taux d’intérêt, on leur a fait payer trois fois leur appartement, en fait. Ce qui était une arnaque finie. Puis, 20 ans plus tard, ils ont été expropriés et sont finalement devenus locataire. Bref, ils ont tout perdu. »
« Dans le film, on parle une dizaine de langues, bambara, peul, soninké, syrien, anglais, français ! L’idée, c’est cette richesse. La France d’aujourd’hui c’est ça: un mélange de traditions. Il faut rendre hommage à ces cultures sans tomber dans les clichés », souligne encore le réalisateur de 45 ans. Il enchaîne: « On se rend compte qu’en France, terre d’asile et des droits de l’Homme, on n’est pas accueillis de la même manière en fonction d’où l’on vient. À l’étranger, on fantasme beaucoup sur notre pays. Entre le football, la baguette, la tour Eiffel et les autres clichés. Mais la réalité est très différente. »
Sûr que si l’appellation de « cinéaste engagé » n’était pas aussi galvaudée, il s’en revendiquerait. On le vérifiera encore dès ce 21 février.
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