« Real Faces », montrer son vrai visage

Avec son premier long métrage de fiction, Real Faces, qui sort ce 22 avril en Belgique, la cinéaste belge Leni Huyghe dresse un portrait subtil et mélancolique d’une jeunesse urbaine frappée de solitude, autours de deux figures singulières qui nouent une amitié inattendue, une jeune directrice de casting (Julia, incarnée par Leonie Buysse) et un biologiste spécialiste des lichens (Eliott, incarné par Georges Ocloo).

Julia, directrice de casting, s’installe à Bruxelles après une rupture. S’efforçant de se construire une nouvelle vie, elle masque ses incertitudes derrière une façade optimiste. En situation financière précaire, elle loue une chambre dans l’appartement d’un microbiologiste reclus, Eliott, qui étudie le lichen pour obtenir son doctorat et un poste qu’il convoite au Groenland. Ensemble, ils nouent une amitié inattendue, authentique, qui va les inciter à s’affranchir des attentes de la société.

Gorges Ocloo et Leonie Buysse

Chacun dans son domaine, Julia et Georges questionnent la finalité de leurs aspirations professionnelles. Julia rêve de cinéma, mais travaille dans la pub, faisant face aux lubies d’un réalisateur égocentrique (interprété par Yoann Blanc), qui l’incite à transgresser sa propre éthique. Réalisant des castings sauvages, elle pousse ses apprenti·es comédien·nes dans leur retranchement, ignorant leur hésitations ou réticences. Georges, s’il est pleinement investi et passionné par ses recherches, fait face à l’indifférence de ses collègues, qui peinent à le prendre au sérieux. Alors que se déploie leur amitié, Julia va pourtant entrainer Georges sur le terrain glissant de son métier, lui proposant un casting où les limites seront franchies.

Leni Huyghe ausculte avec ce film, la texture de nos solitudes, mais aussi la difficulté à trouver sa place dans un monde ultra-compétitif, où la loi du plus fort règle plus que jamais, quelque soit la forme qu’elle prend, agressive ou enjôleuse. Plutôt qu’une histoire d’amour déjà vue, elle imagine une histoire d’amitié, de celles qui unissent les contraires, et font bouger leurs protagonistes, leur permettant de devenir de meilleures versions d’eux-mêmes, malgré les ratés.

Un premier film délicat, tourné en 16mm, saisissant sur le vif les doutes et les hésitations d’une jeunesse bruxelloise.

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