« Monstres de poussière », après la rue

Avec Monstres de poussière, Nina Marissiaux livre un portrait sensible qui recrée du lien, celui de Johnny et Goyko, deux accidentés de la vie, qui reviennent avec sincérité sur leur chemin semé d’embûches.

Johnny et Goyko ont été sans-abris et tentent de se raconter dans un film. La cinéaste, Nina Marissiaux, les suit sur le temps long, à leurs côtés pour permettre le partage de leur histoire. Johnny et Goyko sont des personnes et des personnages. Les premières minutes du film multiplient les angles d’approche. On les retrouve chez eux, dans la rue, au bar, et aussi et peut-être surtout, dans le studio où la réalisatrice monte le film. Ils discutent du titre du film. Quel regard posent-ils sur leur propre histoire? Impliqué dans le processus créatif, ils deviennent à leur manière acteur et auteur de leur récit. Le temps qui a passé, la rétrospection donne une densité différente à leur histoire.

Montrer les coulisses de la mise-en-scène abolit une certaine forme de distance. Pas de surplomb, mais un récit à la hauteur de ses protagonistes. Le portrait est démultiplié, lui-même mis-en-scène, les modalités du récit de soi varient, que ce soit via l’interview, la prise en main de la caméra pour interroger des passants, ou encore une séance de pose. Le film ne se contente pas d’éclairer leur parcours, il leur permet de participer au choix de la façon dont leur trajectoire est éclairée. Un film délicat et vivant, chargé de l’humanité vaillante de ses héros.

Le film est à voir à Liège et à Bruxelles à partir de mercredi.

 

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