Après Bitter Flowers, bouleversant portrait d’une jeune mère chinoise qui s’exile en France dans l’espoir d’une vie meilleure, Olivier Meys revient avec L’Eté de Jahia, portrait d’une adolescence suspendue le temps d’un été au coeur d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile.
Avec ce nouveau film, il se penche à nouveau sur l’espoir contrarié d’une vie meilleure. Jahia vient d’Afrique sub-saharienne, elle vit avec sa mère dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. On suit son quotidien, comme dans un entre-deux, une vie en pause. Le temps de Jahia est celui de l’attente, de la seule chose qui pourra lui donner accès à la vie qu’elle désire: des papiers. Mais comment vivre dans l’attente quand on est adolescente, quand seul compte le présent, l’ici et le maintenant? Jahia est éteinte, prise dans une torpeur des affects et des sentiments. Quand arrive au centre la solaire Mila, c’est un bouleversement pour elle. Volontaire et espiègle, Mila professe l’espoir. « Tu rêves, » lui répond Jahia, quand elle lui dit qu’elle devrait devenir cuisinière. « C’est ça qu’il faut, il faut rêver, » lui rétorque Mila. Alors peu à peu, Jahia va lâcher prise, s’investir dans ce qui la fait vibrer, s’ouvrir à la joie de Mila, l’absorber même. C’est une sorte de lune de miel amicale qui se joue au coeur de l’été, toute en sorties au lac et en danses sur Tik Tok. Mais leur insouciance est une profession de foi. Et la foi ne tient qu’à un fil, celui de la décision qui changera tout: avoir des papiers ou pas.
Avec ce portrait délicat, au plus près des émotions de Jahia – soit on la regarde, soit on voit ce qu’elle regarde -, Olivier Meys nous donne à ressentir un moment charnière dans une vie retenue. La vie de Jahia va changer d’axe quand elle rencontre Mila. Jeune fille en rébellion contre un destin qu’elle ne s’est pas choisi, elle va aller chercher profondément en elle les ressources nécessaires pour devenir actrice de son avenir. Sans savoir où elle va, elle comprend qu’elle peut choisir comment elle y va. C’est comme une double révolution, l’une qu’on lui impose, l’autre qu’elle initie. C’est une histoire d’amitié aussi, et de la façon dont les amitiés peuvent nous déplacer. Avec Mila, Jahia apprend à rêver. Pour incarner ces deux jeunes filles au tournant d’un été décisif, Olivier Meys s’est entouré de deux jeunes primo-comédiennes, qui ont elles-mêmes connu des problématiques semblables à celles de ses héroïnes; un choix payant, tant Noura Bance et Sofiia Malovatska épousent avec fluidité la trajectoire de leurs personnages.
Le film est montré ce mardi 24 juin en Compétition Nationale au BRIFF. Il sortira en Belgique le 6 août prochain.
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