La 82ème édition du Festival international du film de Venise a rendu son verdict. Au terme d’une compétition riche et marquée par une forte dimension politique, le jury, présidé par le réalisateur américain Alexander Payne, a distingué une œuvre à l’humanisme profond, tout en récompensant des films engagés et des performances d’acteurs de premier plan.
La plus haute distinction, le Lion d’or, a donc été décernée à Father Mother Sister Brother (photo) de l’Américain Jim Jarmusch. Le film, qui explore les relations familiales à travers un triptyque touchant se déroulant entre le New Jersey, Dublin et Paris, a séduit le jury par sa sensibilité et sa finesse narrative. Cette victoire, qui a surpris certains observateurs, marque le retour au sommet d’un cinéaste culte, connu pour son style singulier et son cinéma d’auteur.
Par ailleurs, l’édition 2025 restera également dans les mémoires pour son engagement. Le Lion d’argent – Grand Prix du jury a été attribué à The Voice of Hind Rajab de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania. Ce film, qui retrace l’histoire tragique d’une petite fille palestinienne retrouvée morte dans une voiture criblée de balles à Gaza, a reçu une ovation de 23 minutes lors de sa projection. Ce prix est une reconnaissance majeure pour une œuvre qui a particulièrement ému le public et le jury par sa puissance et son urgence.
Parmi les films les plus commentés du festival, l’adaptation du roman de Giuliano da Empoli, Le Mage du Kremlin, a créé l’événement. Réalisé par Olivier Assayas, le film a fait grand bruit grâce à la performance bluffante de Jude Law dans le rôle de Vladimir Poutine. Transformé de manière saisissante, l’acteur britannique incarne un personnage complexe, non pas comme un monstre, mais comme un stratège froid dont l’ascension est racontée à travers le regard de son spin doctor, interprété par Paul Dano. Bien que le film n’ait pas été primé par le jury, il a été au centre de toutes les conversations et a soulevé de vifs débats sur l’actualité géopolitique.
Au-delà du palmarès officiel, plusieurs films ont fait forte impression. On peut notamment citer L’Étranger de François Ozon, qui n’a pas été primé mais a été salué pour son audace. Puis, l’adaptation d’un grand classique du cinéma fantastique, A House of Dynamite de Kathryn Bigelow, a également attiré l’attention. Bien que la réalisatrice n’ait pas été récompensée, son retour au cinéma avec ce thriller géopolitique a été l’un des événements
Le palmarès complet est ici :
Lion d’or du meilleur film : Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch (États-Unis)
Lion d’argent – Grand Prix du jury : The Voice of Hind Rajab de Kaouther Ben Hania (Tunisie)
Lion d’argent de la meilleure réalisation : Benny Safdie a été distingué pour son travail sur The Smashing Machine. Un biopic sur un combattant de MMA, interprété par Dwayne « The Rock » Johnson, qui a impressionné par son réalisme et la performance de son acteur principal, bien que ce dernier n’ait pas été primé.
Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine : L’actrice chinoise Xin Zhilei a reçu ce prix pour sa performance dans The sun rises on us all de Cai Shangjun.
Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine : L’acteur italien Toni Servillo a été récompensé pour son rôle de président dans La Grazia de Paolo Sorrentino, film d’ouverture du festival.
Prix du meilleur scénario : Le duo français Valérie Donzelli et Gilles Marchand a été honoré pour le film À pied d’œuvre, qui a su raconter avec une grande justesse les dilemmes d’un écrivain en quête d’inspiration.
Prix Spécial du jury : Le prix a été remis à Gianfranco Rosi pour son film Sotto le nuvole, qui a su aborder des dilemmes moraux contemporains.
Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir : Luna Wedler, pour son rôle dans Silent friend d’Ildikó Enyedi, a été saluée pour son talent prometteur.
Le palmarès de cette 82ème édition a mis en lumière une diversité de cinémas et de récits, récompensant à la fois des œuvres intimistes et des films à la résonance politique forte. Il confirme une fois de plus la place de Venise comme un rendez-vous incontournable du septième art, où l’art et les enjeux contemporains se rencontrent.
We Love Cinema Toute l’information du cinéma en Belgique


