Dalva au sommet, 2 prix en une seule soirée pour Arieh Worthalter, Lubna Azabal à nouveau distinguée, 5 prix pour Augure, la recette d’une 13e Cérémonie des Magritte riche en émotions.
C’est donc Dalva, premier long métrage d’Emmanuelle Nicot, qui s’est taillé la part du lion ce samedi 9 mars à l’occasion de la 13e édition des Magritte du Cinéma, remportant pas moins de 7 prix, dont ceux du Meilleur film, du Meilleur premier film, de la Meilleure réalisation et du Meilleur scénario! N’en jetez plus, la coupe est pleine ou presque, puisque le film a remporté 7 des 9 statuettes pour lesquelles il était en lice.
C’est donc d’une très belle reconnaissance par ses pairs que bénéficient le film et la jeune cinéaste. Découvert en mai 2022 au Festival de Cannes, à la Semaine de la Critique (où il avait déjà remporté trois prix), le film dresse le portrait sensible et délicat d’une très jeune fille libérée d’un foyer toxique où son père lui fait subir un inceste. Déboussolée, elle se rebelle d’abord puis hésite et tâtonne pour comprendre d’où elle vient, et surtout où elle peut et veut aller. Il fallait pour incarner ce grand saut vers la lumière une interprète rare, et une direction d’actrice juste et précise. La jeune Zelda Samson, déjà saluée d’un Prix de l’espoir à Cannes, a reçu ce soir le Magritte du Meilleur espoir féminin. Notons que la comédienne Sandrine Blancke a également reçu celui de la Meilleure actrice dans un second rôle.
Cette avalanche de prix vient aussi confirmer le beau travail de la productrice Julie Esparbes, chez Hélicotronc, aux manettes de Dalva, mais aussi du Syndrome des amours passées d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, et de leur film précédent, Une vie démente, qui lui aussi avait décroché 7 Magritte en 2022.
Un autre film s’est vu joliment distingué ce soir. Avec 5 prix, Augure de Baloji s’inscrit largement au palmarès, voyant souligner par les membres de l’Académie André Delvaux l’excellence de sa direction artistique et la polyvalence des talents de cinéaste de Baloji, dont c’est le premier long métrage. Le film décroche les prix de la Meilleure image pour Joachim Philippe (qui signait d’ailleurs également cette année l’image de The Wall de Philippe Van Leeuw), des Meilleurs décors pour Ève Martin, donc c’est le deuxième prix d’affilée, après celui remporté pour Close l’année dernière), des Meilleurs costumes, co-signés par Elke Hoste et Baloji lui-même, ainsi que de la Meilleure musique, composée également par Baloji. Notons également le prix de la Meilleure actrice dans un second rôle, remporté par Yves-Marina Gnahoua pour sa remarquable prestation dans le rôle de Mama Mujila.
Côté interprétation, on l’attendait au moins une fois, et c’est finalement deux fois qu’Arieh Worthalter a à nouveau inscrit son nom au palmarès des Magritte! Après avoir déjà décroché à deux reprises le prix du Meilleur acteur pour un second rôle pour Girl et Duelles, le comédien l’a à nouveau remporté ce soir pour sa prestation dans Rien à perdre, aux côtés de Virginie Efira. Mais le sacre s’est confirmé quelques minutes plus tard lorsqu’il a reçu un très attendu Magritte du Meilleur acteur pour sa saisissante performance dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn, qui lui avait déjà valu il y a quelques semaines le César du Meilleur acteur, une première pour un comédien belge. Il devient ainsi le comédien le plus primé des Magritte du Cinéma, avec quatre statuettes.
Quatre, c’est aussi le nombre de statuettes que Lubna Azabal pourra désormais exposer sur sa cheminée (ou ailleurs), puisqu’elle a remporté ce soir le Magritte de la Meilleure actrice pour son impeccable performance dans Le Bleu du caftan. Elle rejoint ainsi Emilie Dequenne au firmament des comédiennes trois fois primées dans cette catégorie, après les prix reçus pour Incendies en 2012 et Tueurs en 2019.
Last but not least, le dernier prix d’interprétation de la soirée a été remis à Lazare Gousseau, Magritte du Meilleur espoir masculin pour sa prestation aussi drôle qu’émouvante dans Le Syndrome des amours passées, qui vaut aussi le prix du Meilleur montage à Sophie Vercruysse et Raphaël Balboni.
Du côté des documentaires, c’est le très beau film de Sergio Guataquira Sarmiento Adieu sauvage qui a fait chavirer le coeur des membres de l’Académie, tandis qu’Arieh Worthalter est encore un peu présent au palmarès avec la victoire du film de Basile Vuillemin, Les Silencieux, dans la catégorie court métrage de fiction, alors qu’En attendant les robots de Natan Castay remporte le prix du court métrage documentaire, et Pina de Giuseppe Accardo et Jérémy Depuydt celui du court métrage d’animation.
Enfin, c’est Veerle Baetens qui a décroché le prix du Meilleur film flamand pour sa première réalisation, Débâcle, et Vincent doit mourir de Stephan Castang qui a remporté celui du Meilleur film étranger en coproduction.
LE PALMARÈS
MAGRITTE DU MEILLEUR FILM
Dalva d’Emmanuelle Nicot (Hélicotronc)
MAGRITTE DU MEILLEUR PREMIER FILM
Dalva d’Emmanuelle Nicot (Hélicotronc)
MAGRITTE DE LA MEILLEURE RÉALISATION
Emmanuelle Nicot pour Dalva
MAGRITTE DU MEILLEUR FILM FLAMAND
Débâcle de Veerle Baetens (Savage Film et Versus production)
MAGRITTE DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL OU ADAPTATION
Emmanuelle Nicot pour Dalva
MAGRITTE DU MEILLEUR FILM ETRANGER EN COPRODUCTION
Vincent doit mourir de Stephan Castang (Gapbusters)
MAGRITTE DE LA MEILLEURE ACTRICE
Lubna Azabal dans Le Bleu du Caftan
MAGRITTE DU MEILLEUR ACTEUR
Arieh Worthalter dans Le Procès Goldman
MAGRITTE DE LA MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE – ex-aequo
Yves-Marina Gnahoua dans Augure
Sandrine Blancke dans Dalva
MAGRITTE DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
Arieh Worthalter dans Rien à perdre
MAGRITTE DU MEILLEUR ESPOIR FÉMININ
Zelda Samson dans Dalva
MAGRITTE DU MEILLEUR ESPOIR MASCULIN
Lazare Gousseau dans Le Syndrome des amours passées
MAGRITTE DE LA MEILLEURE IMAGE
Joachim Philippe pour Augure
MAGRITTE DU MEILLEUR SON
Fabrice Osinski, Valérie Le Docte, Aline Gavroy et Olivier Thys pour Dalva
MAGRITTE DES MEILLEURS DÉCORS
Eve Martin pour Augure
MAGRITTE DES MEILLEURS COSTUMES
Elke Hoste et Baloji pour Augure
MAGRITTE DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
Baloji pour Augure
MAGRITTE DU MEILLEUR MONTAGE
Sophie Vercruysse et Raphaël Balboni pour Le Syndrome des amours passées
MAGRITTE DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE
Adieu sauvage de Sergio Guataquira Sarmiento (Fox the Fox)
MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE
En attendant les robots de Natan Castay (IAD – Médiadiffusion)
MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DE FICTION
Les Silencieux de Basile Vuillemin (Magellan Films)
MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE D’ANIMATION
Pina de Giuseppe Accardo et Jérémy Depuydt (Next Days Films)
MAGRITTE D’HONNEUR
Aurore Clément