Coups de zoom sur 2012 [2]
Cinq nouveaux visages

Ces dix dernières ont vu apparaître dans le cinéma belge de nouveaux visages qui ont profondément rajeuni l’allure de notre 7e art. Fabrice du Welz, Joachim Lafosse, Olivier Masset-Depasse, Abel et Gordon, Bouli Lanners, Sam Garbarski ou Bernard Bellefroid ne sont que quelques-uns des noms qui nous viennent à l’esprit parmi cette foule d’artistes qui ont réalisé leur premier long métrage durant ce 3e millénaire. Bonne nouvelle : 2012 nous dévoilera des talents inédits qui ont bien l’intention de s’installer pour longtemps sur les écrans.

 

Quelques-uns des réalisateurs qui effectueront cette année leur début en format long ne sont pas des inconnus. Comme Sandrine Bonnaire, Sylvie Testud et Hélène Fillières en France (avec des films coproduits par la Belgique), deux comédiens belges ont décidé de plonger de l’autre côté du miroir, en testant la rédaction de scénario, la direction d’acteurs, l’aventure du tournage devant, mais aussi derrière la caméra, face au combo.

 

Au tout début de 2012, on découvrira JC comme Jésus Christ, première réalisation de Jonathan Zaccaï. En France, MK2 sort le film le 8 février. Jonathan qui a reçu l’an dernier un Magritte pour son inquiétante interprétation dans Élève Libre aborde ici un tout nouveau registre : la comédie cinéphile! Avec son faux docu-vérité, il colle aux basques d’un génie du ciné… pas encore sorti de la puberté. Résultat : un délire foutraque, souvent hilarant, d’autant plus irrésistible pour les cinéphiles qui capteront les références qui fourmillent dans tous les coins de l’écran. Première reconnaissance : au FIFF namurois, Jonathan a méritoirement emporté le prix BeTV. En Belgique, JC est coproduit par Nexus Factory qui cornaque l’autre téméraire acteur qui tente le grand saut. La bande-annonce est ici.

 

Si l’on en croit le nombre de nos lecteurs qui se ruent sur tous les articles qui de près ou de loin touchent à Patrick Ridremont, à Virginie Efira ou à leur univers, on se dit que Dead Man Talking, vedette de notre Grand Écran de rentrée, pourrait bien devenir une des très bonnes surprises de l’année en termes de box-office belge. Son premier atout c’est son formidable pitch : un condamné à mort est invité à s’exprimer une dernière fois avant son exécution. Quand il constate que tant qu’il parle on ne peut pas le tuer, il continue encore et encore.

Derrière le clavier, derrière et devant la caméra, Patrick Ridremont n’a peur de rien. Et il y croit, l’artiste; il sait vendre son film. Comme en témoigne sa prestation dans notre capsule, enjouée et convaincante. À ses côtés, Patrick  a convoqué ses copains parmi lesquels Jean-Luc Couchard, Olivier Lebrogne bien sûr, Virginie Efira, mais aussi François Berléand ou le revenant Christian Marin, qui fut un des gendarmes de Saint-Tropez ou le Laverdure des Chevaliers du Ciel.

 

Ces derniers temps, les Grands Écrans de Cinevox ont pris un malin plaisir à s’attarder sur des premiers films. Preuve d’une tendance qui est bien plus qu’un frémissement. Découvert par le public dans notre capsule du mois d’octobre, François Pirot n’est pourtant pas un inconnu. Ces dernières années, il a réalisé plusieurs courts métrages dont le multi récompensés Retraite. Il a également coécrit avec Joachim Lafosse les sulfureux Élèves Libre et Nue Propriété. Le registre dans lequel on le retrouve pour son premier long métrage en tant que réalisateur est assez différent. Si on peut parler de comédie dramatique, MobilHome (produit par Tarantula) penche plutôt du côté de l’humour et de la décontraction pour développer un propos générationnel. Ses héros? Des trentenaires écartelés entre leurs aspirations profondes et les schémas répétitifs que leur proposent leurs parents.

Fatigués de glander sans vivre, Simon et Julien vont avoir l’idée d’acheter un mobilhome pour goûter à l’aventure. Cette décision suscite la convoitise de leurs amis qui rêvent aussi de liberté et les craintes de leurs géniteurs qui avaient imaginé pour leur fils une existence plus classique.  Reposant sur la complicité d’un duo de jeunes acteurs français (Guillaume Gouix et Arthur Dupont, de vrais potes dans la vie), MobilHome devra batailler pour attirer l’attention du public. Mais ce que nous avons lu et vu jusqu’ici nous a mis l’eau à la bouche.

 

Hors les Murs de David Lambert présente pas mal de points communs avec MobilHome. Le sujet porté sur les fonts baptismaux par Frakas est plus grave (les histoires d’amour finissent mal, en général), mais on a l’impression de croiser deux réalisateurs qui adoptent des trajectoires assez similaires. Comme François Pirot,  David Lambert qui signe son premier long est connu pour ses talents de scénariste et un court métrage, qui a marqué les esprits : Vivre encore un peu (à voir bientôt sur Cinevox!). Son casting est articulé autour d’un duo de jeunes acteurs français : Matila Malliarakis et… Guillaume Gouix qui se plaît décidément bien chez nous. Et son film scanne également les affres des trentenaires en proie à leurs doutes existentiels… qu’ils s’expriment ici très différemment.

David Lambert, qui se serait bien vu mener une carrière de scénariste à l’américaine, est d’ailleurs coresponsable du développement d’un autre premier film qui va se tourner durant le premier trimestre 2012: Post Partum, signé par Delphine Noels conte la terrible chute d’une maman en proie à une noire dépression après la naissance de son premier enfant. Mélanie Doutey aura le redoutable honneur d’incarner ce personnage extraordinaire embarqué dans un drame, aux lisières du fantastique. Son mari sera joué par Jalil Lespert, le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois, qu’on a adoré à la dérive dans la série Pigalle La Nuit.

 

Lambert, Pirot, Noels, Zaccaï, Ridremont seront-ils les Dardenne, Lafosse, Lanners ou Hansel de demain? Les paris sont ouverts. Nous vous conseillons de miser sur le ‘oui’ !

 

 

 

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