Dans les semaines précédant le début de sa peine de prison pour escroquerie, la fondatrice de Theranos a ouvert ses portes aux réalisateurs Nathan Fielder et Lance Oppenheim. Ce qui devait être un portrait intime s’est métamorphosé en une immersion troublante de trois ans.
C’est l’un des événements cinématographiques et documentaires les plus attendus. Trente-quatre jours avant de pousser les portes de la prison fédérale pour exécuter sa peine, Elizabeth Holmes, figure déchue de la Silicon Valley, prend une décision surprenante: inviter une équipe de tournage chez elle pour documenter son quotidien. Le résultat, intitulé You Can See Everything, est signé par le duo Nathan Fielder (The Rehearsal) et Lance Oppenheim (Spermworld), produit et distribué par le studio A24.
Plutôt que d’égrener une nouvelle fois les détails techniques de l’imposture Theranos — amplement documentés dans les livres, podcasts et séries consacrés au sujet —, le documentaire choisit de braquer son projecteur sur l’humain et le déni. Pendant plus d’un mois, les réalisateurs ont partagé le quotidien d’Elizabeth Holmes, de son compagnon Billy Evans et de leurs enfants. L’immersion s’est ensuite poursuivie sur une période de trois ans.
La présence de Nathan Fielder face caméra insuffle à l’ensemble une tension singulière. Fidèle à sa démarche d’observation incisive et à son humour impassible, Fielder interroge l’insaisissable créatrice d’entreprise, confrontant ses postures théâtrales et sa narration personnelle à la réalité de sa condamnation judiciaire.
Présenté en projection surprise lors de la 53ème édition du Festival du film de Telluride début du mois, le long-métrage de 2 h 54 a immédiatement suscité des réactions enthousiastes de la critique. Les premiers avis saluent un objet cinématographique troublant, à la frontière entre le journal intime, la télé-réalité et la dissection psychologique d’un mythe.
En donnant à voir les doutes de l’équipe de tournage elle-même face à la complexité de leur sujet, You Can See Everything dépasse la simple chronique judiciaire pour interroger la fabrication du mensonge et les mécanismes de la perception médiatique. La sortie en salles est prévue pour le fin de cette année.
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