La jeune comédienne belge Salomé Dewaels est à l’affiche de Louise, premier long métrage de Nicolas Keitel, aux côtés de Cécile de France et Diane Rouxel, qui sort ce 7 janvier en Belgique. Elle nous parle de ce rôle dans lequel elle a dû composer un double personnage, à la fois soeur et fille, et chanteuse.
L’histoire de Louise? À la suite d’un incident, la jeune Marion décide de fuguer du domicile familial. Elle démarre alors une nouvelle vie sous une autre identité : Louise (Diane Rouxel). Quinze ans plus tard, elle retrouve la trace de sa sœur Jeanne (Salomé Dewaels) et de sa mère (Cécile de France). Petit à petit, elle réapprend à les connaître sans leur dévoiler son identité.
Si vous deviez présenter le film en quelques mots, comment le feriez-vous?
Louise est à la fois un portrait de femmes, au pluriel, un drame familial, mais aussi un puzzle, une histoire que l’on essaie de remettre en ordre, une véritable enquête, avec une forte tension dramatique autour de ce secret en attente d’être dévoilé. Nicolas Keitel, le réalisateur, assume le côté mélodrame, c’est un film qui nous propose des émotions très fortes et qui nous pousse à ne pas avoir peur de ressentir très fort.
Qui est Jeanne, votre personnage, et comment l’avez-vous travaillé?
Jeanne a un parcours familial compliqué, et elle peut sembler à certains moments dans une forme de déni, bloquée dans les apparences. Finalement, c’est dans la musique qu’elle trouve comment exprimer sa sincérité, ce qu’elle ressent. C’est d’ailleurs par le biais de la musique que j’ai travaillé le personnage, puisque Jeanne est une jeune chanteuse à laquelle Louise, photographe et journaliste, propose de consacrer un article. Je n’ai pas passé d’essais pour ce rôle, ce qui est finalement assez rare, et quand Nicolas me l’a proposé, je lui ai dit que je l’acceptais si je pouvais chanter moi-même, je n’avais pas envie d’être doublée par une chanteuse professionnelle. C’était important pour moi de pouvoir lui apporter un forme de fragilité, quelque chose d’un peu naïf, de l’ordre de l’espoir. J’ai travaillé avec Gabriel Legeleux, alias Superpoze, qui a également composé la bande originale du film. Je lui ai parlé de ma vision du personnage, et on a pas mal retravaillé ce qu’il avait commencé à faire pour que nos visions puissent se rencontrer. Il m’a fait un petit moodboard musical, avec certains morceaux, notamment de Hope Sandoval, la chanteuse de Mazzy Star. Il a aussi fait appel au groupe de rock Grand Blanc, que j’aime beaucoup, et j’ai passé plusieurs journées en studio avec les musiciens, où j’ai pu me confronter à ma voix chantée. J’ai ensuite collaboré étroitement avec le chef costumier, Manu Verschueren. Comme à chaque fois, c’est aussi à travers les costumes que je trouve le personnage. Je ne voulais pas tomber dans le cliché de la chanteuse de rock, reproduire un perosnnage que l’on aurait déjà pu voir.
C’est presque une double composition, d’un côté la soeur et la fille, de l’autre l’artiste?
Oui, c’est en partie comme ça que je l’ai imaginée. Les scènes de confrontation avec celle que je ne sais pas encore être ma soeur ou avec ma mère relèvent d’un registre peut-être plus classique de drame familial. Il y a beaucoup de non-dits, et en même temps, c’est là que Jeanne est la plus solaire peut-être, qu’elle sait ce qu’elle veut. Jeanne la chanteuse par contre est plus dans le doute, le questionnement, en quête de son identité peut-être. Une fois sur le tournage, Nicolas avait un idée très précise de ce qui’l voulait, je n’ai eu qu’à m’abandonner, et le laisser diriger. J’avais la base du personnage, c’était à lui de régler les curseurs.
C’est un film très féminin, porté par trois héroïnes, et qui décline la notion de sororité sous plusieurs aspects.
Oui, c’était déjà très présent à la lecture du scénario, c’est quelque chose qui m’a particulièrement parle. Certes, Nicolas est un homme, mais c’est une histoire qui lui est très personnelle, sur laquelle il pose un regard très sensible, et très sincère. C’était aussi un plasir de travailler avec mes deux camarades de jeu, ce qu’on voit à l’écran, cette solidarité, c’était aussi ce qu’on vivait sur le plateau. Un plaisir de jeu, à s’élever les unes les autres, à réagir à leurs émotions, à ce qu’elles donnaient pour pouvoir donner en retour. C’est la base de notre travail finalement. J’avais déjà travaillé avec Cécile de France, c’est très agréable, c’est une grande bosseuse, elle arrive hyper préparée. Dans ces cas-là, c’est comme une partie de ping-pong, on se cale sur le jeu de l’autre, et vice-versa. Et avec Diane, l’alchimie a pris directement. Dès la lecture, on s’est trouvé, on avait les mêmes doutes, aux mêmes moments. On se ressemble beaucoup dans notre manière d’aborder les rôles.
Quel était le plus grand défi pour vous avec ce rôle?
Bizarrement, les scènes les plus compliquées pour moi ont été les scènes du quotidien. Evidemment, comme actrice, on peut prendre un certain plaisir dans les séquences dramatiques, mais le quotidien, il faut être juste dans les détails, et là, je trouvais que mon perosnnage était très bavard! J’avais l’impression de commenter ce que je faisais, mais Nicolas me disait que ces bavardages, c’était une façon d’exprimer une forme de malaise.
Malgré votre expérience, vous êtes encore en début de carrière, comment choisissez-vous vos projets?
D’abord, il est important de dire que quand on est une jeune comédienne, on n’a pas toujours énormément le choix dans les rôles que l’on nous propose. Je n’en suis pas à un point de ma carrière où j’ai l’embarras du choix, mais j’ai beaucoup tourné l’année dernière, et j’ai l’impression que désormais, je sais comment je veux travailler, avec qui, et de quelle manière. J’ai avant tout envie de faire des films que j’irais voir moi-même en tant que spectatrice. Le fait de faire pas mal de tournées de promotion pour les films m’a fait prendre conscience du fait qu’il y a un public, et je vais être à l’aise quand je dois défendre mes projets devant lui. Je veux en être fière. Parce que oui, on doit manger, évidemment, jouer, c’est mon métier, mais je veux pouvoir défendre fièrement les projets sur lesquels je m’engage.
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