Les Filles du ciel, premier long métrage de la cinéaste et comédienne belge Bérangère McNeese, sort ce mercredi 8 avril en Belgique.
Connue du grand public pour ses rôles marquants dans quelques séries à succès notamment (H.P.I. bien sûr, carton d’audience sur TF1, mais aussi la grinçante série Des gens bien, diffusée sur Arte et la RTBF), la comédienne s’est également fait un nom comme cinéaste avec une poignée de courts métrages, dont Matriochkas, largement primé en festivals, et couronné du Magritte du Meilleur court métrage de fiction en 2020.
Les Filles du ciel, c’est l’histoire d’Héloïse (Héloïse Volle, découverte dans Matriochkas), jeune lycéenne en rupture qui fuit son centre d’accueil, où elle cache une relation amoureuse problématique, pour se réfugier au hasard d’une rencontre chez une bande de filles, nichées au septième étage d’un immeuble populaire. Au ciel, elles forment une communauté qui accueille, intègre et protège la jeune fille, cocon bienvenu dans une vie chaotique. Là-haut comme ici bas, c’est une pour toutes et toutes pour unes. Mallorie (Shirel Nataf) le verbe haut et la voix qui porte, fait office de grande soeur délurée. Jenna (Yowa-Angélys Tshikaya), plus ombrageuse, ballade une aura de chef malgré elle, tandis que Mona (Mona Berard) cultive une retenue qui semble l’attacher encore un peu ailleurs. Et forcément, il faut bien, de temps à autres, redescendre sur terre. Cette sororie s’est créé des règles et des principes, une série de commandements pour mieux affronter l’extérieur: ne fais pas entrer tes problèmes, ne coûte pas d’argent, ramènes-en, et surtout, surtout: ne mens pas. Pour trouver les moyens de leur survie, les unes bossent en boîte, l’autre au supermarché. C’est un art de la débrouille, où l’on flirte avec les limites, où l’on transforme les faiblesses en possibles forces, où l’on réclame son dû sans s’en laisser compter. Mais à jouer avec le feu, il arrive que l’on se brule les ailes.
Les Filles du Ciel brode avec une belle modernité sur le motif de la colère des jeunes filles. Mallorie, Jenna et Mona sont en colère contre la précarité qui les empêche de rêver grand, en colère contre les schémas qu’on veut leur imposer, en colère contre l’objectification de leurs corps. Des corps dont elle clament haut et fort l’appartenance, dont elles font des armes plutôt que des faiblesses. Héloïse, l’outsider, pose son regard, et par là même le nôtre sur cette petite communauté auto-gérée, faite d’entraide et de partage, rattrapée par le poids du dehors, mais aussi par les risques que peuvent entrainer l’appartenance à un groupe, son rôle protecteur mais aussi son rôle possiblement censeur. Le récit reste rugueux, observant avec tendresse la puissance de ces filles, sans en ignorer les aspérités, porté par les performances désarmantes de naturel des quatre jeunes comédiennes, qui trouvent là leur premier grands rôles.
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