Les coproductions de 2012

Lundi dernier, nous avons pointé l’ensemble des films belges que vous allez découvrir dans vos cinémas d’ici la fin de l’année. Il s’agit là de ce qu’on a coutume d’appeler des « films majoritaires », c’est-à-dire initiés et majoritairement financés par des producteurs belges.

 

Nous l’avons déjà écrit à plusieurs reprises, une autre spécialité de notre pays, ce sont les productions minoritaires : des films souvent cossus que certaines sociétés belges coproduisent. Avantage pour nous? Elles amènent en Belgique des tournages qui n’avaient pas beaucoup de raisons de s’y arrêter et font travailler nos techniciens et industries de post production. Quelques grands exemples vus pendant les premiers mois de 2012? De Rouille et d’Os (les films du fleuve),  Le Grand Soir (Panache Production/La compagnie cinématographique), Sur la Piste du Marsupilami (Scope Pictures), La Vie d’Une autre (Saga Film), Cloclo (Nexus factory/Flèche), entre autres…

 

Auparavant concentré sur quelques entités très efficaces sur ce créneau particulier, les coproductions se sont aujourd’hui étendues à la plupart des structures belges qui peuvent ainsi bénéficier d’une précieuse réciprocité et monter plus facilement leurs propres productions. Un phénomène qui, soit dit en passant, n’existerait pas sans les différents systèmes de financement très sophistiqués mis en place dans notre pays: le tax shelter, les fonds régionaux, les bourses crossmedia de la Région wallonne et bien sûr toutes les aides de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

 

Durant ce bel été, Scope Pictures nous offrira deux coproductions francophones, un domaine où la société de Rixensart excelle: Quand je serai Petit de Jean-Paul Rouve avec un exceptionnel Benoit Poelvoorde (photo) a récemment fait l’ouverture du Brussels Films Festival et sort enfin ce 1er août. Quelques semaines plus tard (le 29), on lui devra encore Superstar, le nouveau long métrage de Xavier Giannoli (le merveilleux A L’origine).

 

 

Dans Superstar, Cécile de France incarne une employé d’une chaîne de télé française qui propose de monter en épingle l’histoire d’un pauvre type anonyme (Kad Merad, parfait) qui du jour au lendemain devient une star. Sans explication. Conte acide, hilarant et glaçant à la fois (joli tour de force), Superstar scanne le phénomène de la célébrité spontanée et le rôle des télévisions dans leur médiatisation. Nous l’avons vu il y a quelques mois et vous le recommandons déjà très chaleureusement : c’est une formidable réussite, passionnante de bout en bout, alternant les moments d’émotions et les francs éclats de rire.

 

 

Le 11 septembre, Olivier Gourmet sera à l’affiche du Guetteur, un thriller de l’italien Michele Placido (Panache, encore) et le 26, Le Magasin des Suicides de Patrice Lecomte lui succèdera. Le premier long métrage d’animation du réalisateur français a été coproduit (Entre Chien et Loup): les décors ont été conçus au Pôle image de Liège (chez Waooh! ).

 

 

Quelques jours après le FIFF, le 17 octobre, nous arrivera le premier d’une série de trois très gros morceaux : Astérix et Obélix : Au Service de sa Majesté (Scope) devrait marquer les salles de son empreinte. On y découvrira Bouli Lanners en viking à la barbe rousse, Stéphane De Groodt en officier romain  et même les frères Taloche, zélés serviteurs de la Reine (Catherien Deneuve). En espérant que le maître d’oeuvre Laurent Tirard actuellement très malade soit rétabli pour ce débarquement.

 

 

Deux semaines plus tard : Le Plan parfait (Scope toujours) confronte Diane Kruger et Dany Boon. Tourné en partie chez nous (Liège, Charleroi, Binche, Chèvremont, Studio Monev…), ce probable blockbuster a été filmé par un chef op belge (Glynn Speeckaert) et l’équipe son est aussi de chez nous (le tandem Gauder-Bastien). Au scénario et à la réalisation, il réunit le duo gagnant de L’Arnacoeur, c’est dire le potentiel de cette comédie romantique échevelée.

 

 

Enfin, last mais certainement pas least, Populaire (coproduit par Panache) sortira le 29 novembre. Nous avons lu le scénario, avons vu un bout à bout de 20 minutes et un teaser non encore diffusé et nous sommes formels: la fabuleuse ascension d’une jeune dactylo (Déborah François) coachée par un charmant Romain Durys s’annonce exceptionnelle. Tourné dans un style rétro très chic qui évoque la série Mad Men, Populaire devrait irradier toute la fin d’année dans les salles. Scénario au cordeau, réalisation ambitieuse, casting irréprochable (aussi Nicolas Bedos et Bérénice Béjot) : on serait étonné de ne pas tenir là un des très gros succès de 2013 ! Une aubaine pour une actrice qui devrait en profiter pour devenir une des incontournables têtes d’affiche du cinéma francophone. On n’a pas résisté: Déborah sera l’héroïne de notre grand Écran du mois d’août. Vous n’allez pas en croire vos yeux.

Que des bonnes perspectives, donc…

 

Check Also

« Julie zwijgt »: to speak or not to speak

Leonardo van Dijl présentait ce samedi en première mondiale à la Semaine de la Critique …