Disparition de Johan Leysen

Le comédien flamand Johan Leysen, dont la carrière rayonnait en Belgique comme à l’étranger vient de nous quitter. 

Né en 1950 à Hasselt, Johan Leysen a débuté au théâtre, avant de débuter au cinéma en 1982 auprès de Marion Hänsel dans Le Lit, cinéaste qu’il retrouvera quelques années plus tard dans Sur la terre comme au ciel. En 1985, on le retrouve dans Je vous salue Marie de Jean-Luc Godard, entamant ainsi une carrière internationale d’envergure, qui l’a amené à côtoyer de grands noms du cinéma mondial, Patrice Chéreau, Raoul Ruiz, Radu Mihaileanu, Terence Malick, Anton Corbijn ou encore François Ozon.

Sa silhouette svelte et son regard acéré ont traversé le cinéma belge, flamand comme francophone. Dans les années 80, il accompagne les grands noms du cinéma belge, à l’affiche de L’Oeuvre au noir d’André Delvaux, de Daens de Stijn Coninx, de Eline Vere de Harry Kümel ou encore du Maître de Musique de Gérard Corbiau. Dans les années 2000, c’est une autre génération qui s’inspire de sa présence, on le retrouve chez Fien Troch (Een ander zijn geluk) ou Joachim Lafosse (Elève Libre).

Pour Jaco Van Dormael, il est le mari de Catherine Deneuve dans Le Tout Nouveau Testament. Son charisme en fait une figure idéale pour les polars, il joue les procureurs insondables dans Tueurs de François Troukens et Jean-François Hensgens, on le retrouve également dans la série Pandore il y a quelques mois, écritz par Savina Dellicour, Vania Leturcq et Anne Coesens, dont il joue le père, un homme politique rusé mais usé. Aussi à l’aise sur scène que sur le grand ou le petit écran, on l’a également vu dans Engrenages ou encore The Missing.

On le retrouvera mi-avril à l’affiche de Temps mort d’Eve Duchemin, l’un de ses derniers rôles, où il joue le père du personnage interprété par Karim Leklou, qui nous confiait récemment son admiration pour l’homme et l’acteur, et sa formidable prestation.

C’est une grande perte pour le cinéma belge, dont il était un fier ambassadeur, et pour le cinéma européen.

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