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Fabrice du Welz cinécinéphile

Actuellement, il prépare activement le tournage de Colt .45 qui marquera son grand retour aux affaires avec un polar musclé made in France. Ensuite, il reprendra sa trilogie ardennaise avec un Alléluia qui nous fait déjà frissonner. Samedi, le Biff programme à 12h son premier exploit, l’inoubliable Calvaire (regardez ici ce qu’en dit un de ses acteurs, Jackie Berroyer, que nous avons rencontré récemment)

Fabrice Du Welz nous a paru absent trop longtemps. Simplement parce qu’il nous a beaucoup manqué.

 

Entre deux tournages, il n’a pourtant pas chômé : il a écrit ses propres scénarios et développé des projets pour des producteurs. Mais tous les abonnés de BeTV savent que l’homme au chapeau est aussi un fidèle de la chaîne cryptée où il présente films d’auteur et séries avec un enthousiasme inextinguible. Dans le registre, c’est une pointure. Petite discussion cinéphile avec un véritable amoureux du cinéma de genre.

 

–          C’est un vrai plaisir, ça. J’espère pouvoir longtemps travailler sur BeTV, même de façon ponctuelle. Aujourd’hui, je fais un peu partie des meubles. C’est une boîte que j’aime beaucoup. Elle subit énormément de mutations dans tous les sens, mais je continue à m’occuper des séries et du cinéma. Ça me plaît beaucoup.

 

–          Je me suis souvent demandé si tu avais le temps de visionner tout ce que tu introduisais ?

–          Je suis un spectateur compulsif. Je vois beaucoup de films, beaucoup de séries. Je souffre parfois d’insomnies et j’en profite pour me jeter sur tout ce qui passe, de manière pathologique. Beaucoup de choses m’intéressent. Après, naturellement, je zappe très vite tout ce qui ne me passionne pas, mais j’ai beaucoup d’appétit à découvrir ce que je ne connais pas dans les genres qui a priori me touchent.

 

–          Tu es un peu le Tarantino belge?

–           Oh non ! Tarantino c’est un puits sans fonds de savoir et de références. Il y a Tarantino, Tavernier, François Cognard qui est un producteur français et Christophe Gans, le réalisateur.

 

–          Dans un registre analogue, il y a également Christophe Lemaire qui t’aime beaucoup d’ailleurs si on en croit ce qu’il écrivait régulièrement dans le défunt magazine Brazil.

–          C’est vrai. Mais Christophe  a une culture très B, voire Z. Son père a été acteur donc il a côtoyé des tas de comédiens et de cinéastes déjantés quand il était enfant. C’est toute la même bande.

 

–       L’équipe de Starfix,* quoi….

–          Oui, voilà.  Il y a aussi le scénariste de Colt. 45 Fathi Beddiar qui a une culture cinéma invraisemblable. Et j’ai  été très impressionné par Roger Avary.

 

–          Un ex-pote de Tarantino.

–          Je pense qu’ils sont en froid depuis plusieurs années. Mais c’est un puits de savoir cinématographique. Reste que pour moi,  le maître Jedi, c’est sans doute François Cognard (producteur d’Amer et du prochain Cattet/Forzani). Moi à côté je suis un gamin.

 

Un gamin qui fait son chemin, qui a tracé d’emblée sa voie unique et ambitieuse. Un gamin qu’on attend avec impatience de revoir sur un plateau. Sous peu. Chouette ! Un gamin dont on a hâte de découvrir les deux films à venir, car c’est le genre de réalisateurs en marge, irremplaçable et passionnant, qui fait beaucoup de bien à notre cinéma… et aux spectateurs naturellement.

 

[La photo en noir et blanc est une photo de BeTV, les deux autres sont signées Marianne Grimont]

 

*Starfix est un magazine de cinéma qui a fait les beaux jours des cinéphiles au début des années 80. En réaction à la presse commerciale (Première puis Studio) et aux mensuels plus exigeants qui ne parlaient que des Auteurs reconnus (Les Cahiers du Cinéma, Positif…), Starfix tentait d’imposer en France des réalisateurs épileptiques, originaux, transgressifs. Leurs héros? Carpenter, Argento, Coppola, mais aussi Beineix première époque par exemple. Un registre plus large que celui de Mad Movies, autre revue culte consacrée à l’horreur et au fantastique qui, elle, a survécu sans trop de concessions.

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