Ce mardi 10 mars sera montré en avant-première et en Compétition internationale au Love International Film Festival de Mons L’âge mûr, comédie douce-amère de Jean-Benoît Ugeux sur un néo-cinquantenaire qui se cogne à l’époque et aux autres.
L’âge mûr dresse le portrait à la fois délicat et sans concession de Ludovic, un architecte tout juste cinquantenaire, à qui tout réussit ou presque, et qui commence une idylle avec Nathalie, mère célibataire drôle et dynamique de deux jeunes filles, avec laquelle il se verrait bien passer très vite à la vitesse supérieure. Sauf que la confrontation avec les deux filles de Nathalie , l’une pré-ado et l’autre pleinement ado n’est pas de tout repos. Sympathique mais immature, Ludovic va voir ses fondations vaciller – un comble pour un architecte. Lorsque Nathalie décide de prendre ses distances avec Ludovic, ce dernier sent qu’il perd quelque chose qui le dépasse.

Incarné par le cinéaste lui-même, Ludovic est de ces personnages terriblement agaçants que l’on aime pourtant aimer, il est trop, consumériste, grande-gueule, immature, mais aussi trop touchant, par sa maladresse, et le spectacle de sa réticence à accepter la solitude. Il semble fondre peu à peu, se perdre dans le paysage. Les adolescents sont extra-lucides, c’est bien connu, ils ont comme les enfants la capacité de mettre les adultes face à leurs contradictions. Scanné par leur regard sans filtre, le roi est nu. L’âge mûr nous parlent de ces relations étranges qui se nouent parfois, qui n’ont ni but ni sens, mais qui le temps d’une parenthèse inattendue, permettent à deux personnes qui n’auraient pas dû se rencontrer de trouver ou retrouver leur chemin. Une comédie au tempo très particulier, qui se joue aussi à côté de l’action, dans les temps creux, ainsi que dans les petites choses triviales de la vie, un burger avalé vite fait sur un parking, une coupe que l’on boit seul au milieu d’une fête.
S’il s’agit d’un premier long métrage de fiction pour le comédien et cinéaste, c’est loin d’être un coup d’essai, puisqu’il a à son actif nombre de courts métrages ayant largement et avec succès circulé en festivals, à l’image par exemple de La Musique, Bayard d’or du Court métrage en 2019, ou Arbres, Magritte du Meilleur court métrage documentaire en 2023. A ses côtés au générique, on retrouve l’excellente comédienne flamande Ruth Becquart, qui incarne Nathalie, ainsi qu’un joli défilé de comédiens et comédiennes belges comme Laurent Capelluto ou Catherine Salée.
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