{"id":87709,"date":"2016-05-27T07:30:18","date_gmt":"2016-05-27T05:30:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cinevox.be\/?p=87709"},"modified":"2016-05-24T17:45:24","modified_gmt":"2016-05-24T15:45:24","slug":"eric-pauwels-a-propos-de-la-deuxieme-nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/welovecinema.be\/fr\/eric-pauwels-a-propos-de-la-deuxieme-nuit\/","title":{"rendered":"Eric Pauwels \u00e0 propos de \u00ab\u00a0La Deuxi\u00e8me nuit\u00a0\u00bb."},"content":{"rendered":"<p>Eric Pauwels est n\u00e9 \u00e0 Anvers en 1953. Passionn\u00e9 de cin\u00e9ma et fascin\u00e9 par l\u2019anthropologie, il suit un doctorat en cin\u00e9matographie \u00e0 la Sorbonne aupr\u00e8s de Jean\u00a0Rouch, l\u2019une de ses influences fondamentales.\u00a0 Il r\u00e9alise entre 1976 et 1983 une s\u00e9rie de 10 documentaires ethnographiques sur les danses de possession en Asie du Sud-Est.<!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De retour en Europe, il continuera \u00e0 filmer les corps dansants, provoquant des exp\u00e9riences entre cin\u00e9ma et danse, avec Anne\u00a0Teresa De Keersmaeker (Violin\u00a0Phase, 1985), Mich\u00e8le-Anne De Mey (face \u00e0 face, 1988\u00a0 ; Trois danses hongroises de Brahms, 1990) ou Pierre\u00a0Droulers (Improvisation, 1986).\u00a0 Il s\u2019interroge \u00e0 travers ses films sur le jeu de l\u2019acteur : dans Hamlet ou les m\u00e9tamorphoses du jeu (1986) il filme un com\u00e9dien interpr\u00e9tant Hamlet pendant des heures, de plus en plus alcoolis\u00e9.\u00a0 Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la peinture avec la figure de Saint S\u00e9bastien dans un carnet de voyage tr\u00e8s personnel (Voyage iconographique : le martyre de Saint S\u00e9bastien, 1989).<\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, il s\u2019engage dans un cin\u00e9ma de plus en plus personnel o\u00f9 documentaire et fiction s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent comme dans Un Film (1986), Les rives du fleuve (1991), ou La fragilit\u00e9 des apparences (1993).<\/p>\n<p>Enfin, la figure du cin\u00e9aste se fait de plus en plus pr\u00e9sente avec une s\u00e9rie de films \u00e0 la premi\u00e8re personne dans \u00ab La trilogie de la cabane \u00bb avec Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille (2000), Les films r\u00eav\u00e9s (2010) et La deuxi\u00e8me nuit (2016).<\/p>\n<p>Enseignant \u00e0 l\u2019INSAS pendant plus de vingt ans, il finira par fonder avec des amis cin\u00e9astes le SIC (Son \/Image \/Culture), laboratoire d\u2019anthropologie visuelle. \u00c9crivain, il est l\u2019auteur d\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre Kirilov (\u00c9ditions de la Bellone, 1988) ainsi que de deux romans Le voyage de Gaspard (\u00c9ditions de l\u2019\u0152uvre, 2008) et Quand j\u2019\u00e9tais petit les cosmonautes vivaient aussi longtemps que les ch\u00eanes (\u00c9ditions Motifs, 2016).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-87710\" src=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-1.jpg\" alt=\"\" width=\"778\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-1.jpg 778w, https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-1-480x264.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 778px) 100vw, 778px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quels sont les liens qui unissent les films de la trilogie ?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Deuxi\u00e8me Nuit est un film dont la n\u00e9cessit\u00e9 est n\u00e9e de la mort de ma m\u00e8re. Il parle de notre relation, de la fa\u00e7on dont je me suis fait \u00e0 partir d\u2019elle, et de cette longue s\u00e9paration qui a dur\u00e9 soixante ans, qui a fait de moi l\u2019individu libre que je suis, en tant qu\u2019homme et en tant que cin\u00e9aste.<\/p>\n<p>C\u2019est tout un parcours que j\u2019ai lanc\u00e9 il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es avec Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille, qui inaugure ce que j\u2019appelle la \u00ab trilogie de la cabane \u00bb, bas\u00e9 sur un rapport au monde qui est \u00e0 la fois un rapport m\u00e9tonymique, dans le sens o\u00f9 le monde entier est dans ce petit jardin et dans cette cabane, et un rapport m\u00e9taphorique parce que ce jardin et cette cabane sont \u00e0 l\u2019image du monde. Je m\u2019y r\u00e9fugie pour repenser le monde, pour faire un cin\u00e9ma personnel \u00e0 partir de mon point de vue, un cin\u00e9ma artisanal avec peu de moyens et peu d\u2019effets. Chacun de ces films est fond\u00e9 sur plusieurs contradictions, car toute la culture humaine est en effet fond\u00e9e sur des contradictions. Dans Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille, au c\u0153ur du film, au centre de la cellule sur le merveilleux et le cirque, un clown raconte une histoire terrible et r\u00e9aliste. Cela illustre mon rapport au monde : \u00e0 la fois comique et tragique, fondamentalement contradictoire. Je pense qu\u2019on pourrait d\u00e9crire mon rapport contradictoire au monde avec cette trilogie pleine de contradictions. Elles sont inh\u00e9rentes \u00e0 ma vision du monde. Ce sont ces contradictions qui font la richesse et la fragilit\u00e9 de l\u2019esprit humain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La trilogie s\u2019ouvre sur une rupture avec le milieu commercial du cin\u00e9ma pour revenir \u00e0 un cin\u00e9ma extr\u00eamement personnel et artisanal, un cin\u00e9ma bas\u00e9 sur la connaissance, dans le sens que je vais me re-conna\u00eetre dans ce cin\u00e9ma. Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille part de la question que ma fille me pose lorsqu\u2019elle a une dizaine d\u2019ann\u00e9es\u00a0 : \u00ab Mais au fait, tu fais du cin\u00e9ma\u2009? Pourquoi tu ne ferais pas un film pour moi ? \u00bb Elle ne savait pas que je faisais du cin\u00e9ma. J\u2019explique dans le film pourquoi : la honte que j\u2019avais parfois de faire du cin\u00e9ma en voyant ce milieu.\u00a0 C\u2019est en tant que cin\u00e9aste que je parle \u00e0 ma fille, plus qu\u2019en tant que p\u00e8re. L\u2019utopie serait que les enfants fassent naturellement eux-m\u00eames les films pour enfants, puisque c\u2019est de son propre point de vue que l\u2019on doit faire un film. Le film s\u2019ouvre en disant : \u00ab Je ne peux parler qu\u2019\u00e0 partir de moi. Et comme moi je suis un adulte, je ne peux pas faire de film pour toi.\u00a0 \u00bb\u00a0 Puis tout le film remonte vers le merveilleux, vers ma propre enfance pour pouvoir lui raconter, \u00e0 partir de mon point de vue enfant, une histoire (le m\u00e9lodrame au c\u0153ur du film), et puis finalement l\u2019histoire de Gauvain, qui dit que chaque femme doit choisir elle-m\u00eame son propre destin : un message de libert\u00e9 qui est inscrit dans toute la trilogie.\u00a0 C\u2019est un film sur l\u2019avenir, puisque je le d\u00e9die \u00e0 ma fille en tant que femme en devenir.<\/p>\n<p>Les Films R\u00eav\u00e9s repr\u00e9sente le pr\u00e9sent, le cin\u00e9aste terr\u00e9 au fond de sa cabane, fatigu\u00e9 de courir les dossiers, les producteurs, les commissions, les a\u00e9roports, les demandes de tournage. Il se dit : \u00ab Ca suffit, je reste au fond de ma cabane, et je r\u00eave les films que j\u2019ai envie de faire.\u00a0 \u00bb\u00a0 C\u2019est l\u2019enfant qui r\u00eave, et se r\u00eave cin\u00e9aste, et r\u00eave les films qu\u2019il a envie de faire.<\/p>\n<p>La Deuxi\u00e8me Nuit enfin repr\u00e9sente un retour vers mes origines, ma relation avec ma m\u00e8re\u2009; un retour vers le pass\u00e9, qui refait tout le trajet d\u2019une vie jusqu\u2019\u00e0 la naissance, et revient vers le temps pr\u00e9sent, avec le passage de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Une immense boucle est boucl\u00e9e \u00e0 la fin de cette trilogie. Ce que dit Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille, c\u2019est que la mort n\u2019existe pas.\u00a0 La premi\u00e8re chose que j\u2019ai ressentie en prenant ma fille dans mes bras apr\u00e8s sa naissance, c\u2019\u00e9tait que j\u2019avais l\u2019\u00e9ternit\u00e9 dans mes mains.\u00a0 Elle allait probablement, en tant que femme, avoir des enfants, qui auraient des enfants\u2026<\/p>\n<p>L\u2019une des th\u00e9matiques fondamentales des Films R\u00eav\u00e9s, c\u2019est la th\u00e9matique vie\/ mort. Il y a deux personnages importants dans le film\u00a0: le chercheur, ethnologue et cin\u00e9aste Jean\u00a0 Rouch, qu\u2019on accompagne au long de trois longues s\u00e9quences, et Jean-Marie, qui est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de Jean Rouch, un \u00eatre extr\u00eamement simple, et tr\u00e8s proche de moi puisqu\u2019il \u00e9tait mon voisin et venait souvent passer du temps dans la cabane qu\u2019il adorait.\u00a0 On accompagne Jean-Marie jusqu\u2019au bout : le film se cl\u00f4t sur sa mort. Il y a une dialectique extr\u00eamement forte entre la vie et la mort dans Les Films R\u00eav\u00e9s, au-del\u00e0 des autres th\u00e9matiques mises en jeu, comme le mensonge\/ la v\u00e9rit\u00e9, l\u2019immobilit\u00e9\/ les voyages, \u2026<\/p>\n<p>A l\u2019oppos\u00e9, La Deuxi\u00e8me Nuit nous dit que la mort existe.\u00a0 Et la pire mort que l\u2019on puisse imaginer, c\u2019est la mort de l\u2019\u00eatre qui nous a donn\u00e9 la vie.\u00a0 Pourtant cette mort-l\u00e0 est une mort vivante, car elle participe de la vie. En assumant la s\u00e9paration ultime d\u2019avec ma m\u00e8re, je deviens un individu qui mesure au pr\u00e9sent la relation qu\u2019il a avec la mort et la distance qui le s\u00e9pare d\u2019elle.<\/p>\n<p>Il y a un cheminement philosophique entre ces trois films, qui se fait en trois mouvement bien distincts.\u00a0 Le premier volet du triptyque, Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille, est un panneau relativement resserr\u00e9 qui fait un peu moins d\u2019une heure, qui affiche un rythme enlev\u00e9 dans l\u2019addition des histoires racont\u00e9es. Le panneau central qu\u2019est Les Films R\u00eav\u00e9s est beaucoup plus lent, comme un fleuve que l\u2019on descend pendant trois heures. Puis l\u2019on retrouve je crois quelque chose de plus juste et de plus naturel dans le rythme avec La Deuxi\u00e8me Nuit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-87711\" src=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-6.jpg\" alt=\"\" width=\"775\" height=\"382\" srcset=\"https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-6.jpg 775w, https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-6-480x236.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 775px) 100vw, 775px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9alit\u00e9 de la trilogie s\u2019est-elle r\u00e9v\u00e9l\u00e9e au fur et \u00e0 mesure des films ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait \u00e9videmment pas con\u00e7u comme une trilogie au d\u00e9part. Il y a d\u2019abord un film-rupture qui l\u2019inaugure, Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille. Apr\u00e8s ce film, durant quelques ann\u00e9es, j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 enseigner, \u00e9crire, faire autre chose que du cin\u00e9ma.\u00a0 Puis est arriv\u00e9 Les Films R\u00eav\u00e9s, que beaucoup de gens ont consid\u00e9r\u00e9 pendant des ann\u00e9es comme un film-testament. Le cin\u00e9aste se retire au fond de sa cabane, il n\u2019a plus l\u2019\u00e9nergie de remettre des dossiers, d\u2019aller filmer \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u2026 Le film se termine sur une chanson qui dit Let me go home\u00a0: qu\u2019on me laisse r\u00eaver le monde en dehors des questions de production cin\u00e9matographique, des dossiers, des voyages, des visas, des attentes\u2026 Dans les deux films, on \u00e9tait dans le m\u00eame rapport \u00e0 l\u2019artisanat, \u00e0 la fa\u00e7on de faire, et dans un m\u00eame rapport \u00e0 la voix aussi, ce qui n\u2019est pas du tout le cas de tous mes films. Dans cette trilogie, il y a le \u00ab Je \u00bb, le point de vue \u00e0 la premi\u00e8re personne du singulier, qui se d\u00e9veloppe encore plus fort dans Les Films R\u00eav\u00e9s.<\/p>\n<p>Lorsque le cancer de ma m\u00e8re s\u2019est d\u00e9clar\u00e9, je me suis dit que sa mort allait m\u2019apprendre quelque chose. J\u2019ai ouvert le chantier de La Deuxi\u00e8me Nuit en me disant que quelque chose allait se passer au moment o\u00f9 elle allait mourir, qu\u2019il y aurait un basculement, ou en tous cas un d\u00e9calage de mon point de vue sur le monde.\u00a0 J\u2019avais envie de t\u00e9moigner de cela en tant que cin\u00e9aste, c\u2019\u00e9tait le challenge de d\u00e9part.\u00a0 C\u2019\u00e9tait bizarre, car il fallait lancer la production du film, remettre des dossiers, alors que ma m\u00e8re \u00e9tait encore vivante.<\/p>\n<p>Heureusement qu\u2019Anton Iffland Stettner, le producteur est intervenu \u00e0 ce moment-l\u00e0.\u00a0 C\u2019est surement significatif que ce soit le seul film des trois, et d\u2019ailleurs de pratiquement tous mes films, que je n\u2019ai pas produit moi-m\u00eame. Je savais que je serai dans un moment de fragilit\u00e9 extr\u00eame quand elle allait mourir.\u00a0 Je ne pouvais pas m\u2019occuper de production, de comptabilit\u00e9.\u00a0 Il fallait que je sois \u00e0 nu face \u00e0 elle et \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e8nement de sa mort.<\/p>\n<p>C\u2019est donc a posteriori que je me suis rendu compte que j\u2019avais fait une trilogie.\u00a0 Avec La Deuxi\u00e8me Nuit, je me suis rendu compte qu\u2019on \u00e9tait dans une trilogie, dans un v\u00e9ritable voyage dans le temps. Il est significatif aussi que je me retrouve dans la figure du cin\u00e9aste dans Les Films R\u00eav\u00e9s, entre un film fait pour ma fille, et un film pour ma m\u00e8re, entre ces deux femmes, celle de l\u2019avenir et celle du pass\u00e9, qui m\u2019ont toutes les deux, d\u2019une certaine fa\u00e7on, amen\u00e9 \u00e0 devenir l\u2019\u00eatre que je suis aujourd\u2019hui. Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille et La Deuxi\u00e8me Nuit sont des films en<\/p>\n<p>miroir, des films qui \u00e0 la fois disent l\u2019oppos\u00e9 l\u2019un de l\u2019autre, et \u00e0 la fois identiquement la m\u00eame chose.\u00a0 Il y a l\u00e0 une sorte de dialectique extr\u00eamement forte entre ces deux films, au centre de laquelle se trouve Les Films R\u00eav\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-87712\" src=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-4.jpg\" alt=\"\" width=\"782\" height=\"422\" srcset=\"https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-4.jpg 782w, https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-4-480x259.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 782px) 100vw, 782px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Comment concevez vous le rapport entre documentaire et fiction ?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La plupart des gens qui se soucient de cin\u00e9ma font une distinction importante entre documentaire et fiction.\u00a0 Dans n\u2019importe quelle commission, dans n\u2019importe quel couloir de Minist\u00e8re, on vous pose la question\u00a0 : documentaire ou fiction\u2009? C\u2019est pour moi une question d\u00e9pass\u00e9e. La question essentielle qui se pose \u00e0 la pratique cin\u00e9matographique n\u2019est pas celle du documentaire ou de la fiction, mais celle de la place du spectateur.\u00a0 Que ce soit devant Lettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille ou devant Les Films R\u00eav\u00e9s, on sent bien qu\u2019on n\u2019a pas la m\u00eame place en tant que spectateur que dans un film traditionnel.<\/p>\n<p>Il y a une fa\u00e7on d\u2019amener le spectateur dans le film, de le laisser parfois seul, de lui reprendre la main, de lui raconter une histoire, de jouer \u00e0 la fois sur sa passivit\u00e9 et sur son \u00e9veil qui est je crois assez significative du travail que j\u2019ai men\u00e9 avec la trilogie.\u00a0 Cela se termine d\u2019ailleurs dans La Deuxi\u00e8me Nuit de mani\u00e8re singuli\u00e8re, puisque la plupart du temps je parle de ma m\u00e8re \u00e0 la 3\u00e8me\u00a0 personne, mais dans plusieurs parties importantes du film je parle d\u2019elle en disant \u00ab tu \u00bb, en m\u2019adressant \u00e0 elle directement.\u00a0 Je m\u2019en suis rendu compte d\u00e8s l\u2019\u00e9criture, et je me suis dit il y avait l\u00e0 quelque chose de schizophr\u00e9nique, mais qu\u2019il \u00e9tait juste de le laisser comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Je pense que c\u2019est un exemple du travail que l\u2019on peut faire sur l\u2019imaginaire et sur la place du spectateur.\u00a0 Sans qu\u2019il s\u2019en rende n\u00e9cessairement compte, le spectateur assiste en tant que t\u00e9moin \u00e0 la fa\u00e7on dont je parle \u00e0 ma m\u00e8re, mais aussi \u00e0 la fa\u00e7on dont je lui parle, \u00e0 lui, de ma m\u00e8re.\u00a0 Ce d\u00e9placement de la place du spectateur face au film constitue pour moi un travail important. Loin du cin\u00e9ma traditionnel et des industriels du cin\u00e9ma, je ne pense pas du tout le public en termes de quantit\u00e9, mais bien de qualit\u00e9. Ce n\u2019est pas du m\u00e9pris pour le public, au contraire.<\/p>\n<p>Je pense que dans un cin\u00e9ma de type artisanal comme celui que je pratique, on est souvent beaucoup plus proche et respectueux du public que dans le cin\u00e9ma commercial, pour lequel le public est une quantit\u00e9 \u00e0 calculer, \u00e0 chiffrer. Pour moi le public est une qualit\u00e9.\u00a0 Je ne suis pas un cin\u00e9aste exp\u00e9rimental qui travaille sur de petites choses qu\u2019il met ensuite dans des tiroirs. J\u2019exp\u00e9rimente des choses, naturellement, mais toujours dans un rapport au public, pour lui dire quelque chose.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-87713\" src=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-3.jpg\" alt=\"\" width=\"788\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-3.jpg 788w, https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-3-480x259.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 788px) 100vw, 788px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Dans \u00abLettre d\u2019un cin\u00e9aste \u00e0 sa fille\u00bb, vous parlez de l\u2019opposition entre le cin\u00e9ma de la connaissance et du partage, le cin\u00e9ma du spectacle et du pouvoir.<\/strong><\/p>\n<p>Absolument.\u00a0 Il y a aussi l\u2019influence de l\u2019ethnographie, de mon travail avec Jean Rouch : je fais un cin\u00e9ma proche des sciences humaines. On ne fait pas un film pour faire un film, juste pour divertir les gens\u2009; on fait un film qui apporte quelque chose.\u00a0 Il y a une n\u00e9cessit\u00e9 int\u00e9rieure au fait de s\u2019engager dans tel film ou un autre.\u00a0 Je suis heureusement quelqu\u2019un d\u2019assez contemplatif, donc si je fais un film, c\u2019est qu\u2019il faut vraiment que je le fasse.<\/p>\n<p>On retrouve \u00e7a chez des primitifs comme Fra Angelico, ou des modernes comme Kandisky ou Klee, des artistes qui parlent de la n\u00e9cessit\u00e9 int\u00e9rieure de produire quelque chose, non pas pour produire quelque chose de plus, mais par n\u00e9cessit\u00e9.\u00a0 Je me situe clairement en dehors des marges du cin\u00e9ma commercial. Quand on a le pourquoi du film, on a la place du spectateur face au film, et on a aussi le comment et la forme du film.<\/p>\n<p>On peut continuer \u00e0 se poser des questions, monter et remonter ind\u00e9finiment un film : si on ne sait pas pourquoi on le fait, on ne trouvera pas r\u00e9ellement le comment. Ce pourquoi on fait le film peut \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9lirant, irrationnel, impressionniste, schizophr\u00e9nique, tout ce qu\u2019on veut, mais il y a un pourquoi qui rel\u00e8ve d\u2019autre chose que le simple fait d\u2019\u00e9crire une bonne histoire pour gagner de l\u2019argent.Il y a autre chose d\u2019important pour moi dans cette trilogie, c\u2019est l\u2019humilit\u00e9, la fragilit\u00e9, la nudit\u00e9 de celui qui expose son point de vue sur le monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cela permet au spectateur de mesurer la distance entre moi, cin\u00e9aste qui regarde le monde, et ce qui est film\u00e9. Dans la trilogie, La Deuxi\u00e8me Nuit est probablement le film le plus artisanal, le plus brut, le plus simple, le plus int\u00e9rieur, et le plus personnel. Cela ne veut pas dire que j\u2019exclus le spectateur, au contraire, j\u2019y pense \u00e9norm\u00e9ment.\u00a0 C\u2019est le film le plus personnel, mais aussi le plus \u00e9crit des trois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La voix occupe un grand espace cin\u00e9matographique.<\/strong><\/p>\n<p>Il y a eu d\u00e8s le d\u00e9part une \u00e9vidence, c\u2019est qu\u2019il fallait que je prenne la parole, moi.\u00a0 J\u2019ai d\u00fb me forcer, ce n\u2019\u00e9tait pas du tout une envie narcissique d\u2019entendre ma propre voix.\u00a0 Ca s\u2019est impos\u00e9 : \u00e0 partir du moment o\u00f9 on fait un film artisanal avec un point de vue pr\u00e9cis, ce ne peut \u00eatre que l\u2019auteur qui prend la parole.\u00a0 Il fallait habiter avec ma voix l\u2019espace de la cabane et du jardin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vous faites des films artisanaux, qui proposent des assemblages d\u2019images cr\u00e9\u00e9es, re-cr\u00e9\u00e9es, emprunt\u00e9es, interpr\u00e9t\u00e9es\u2026 Au d\u00e9part dans le langage cin\u00e9ma, il y a la version aristot\u00e9licienne du cin\u00e9ma, pr\u00f4n\u00e9e par Eisenstein : on part d\u2019un point A pour arriver \u00e0 un point Z, on raconte une histoire. Mais il y a aussi la mani\u00e8re Vertov, qui n\u2019est pas tant aristot\u00e9licienne que brechtienne, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on travaille sur des th\u00e9matiques, qu\u2019on d\u00e9cline autour d\u2019une s\u00e9rie d\u2019histoires.\u00a0 Il y a alors une premi\u00e8re p\u00e9riode qui est celle du tournage, qui peut prendre des mois, voire des ann\u00e9es, qui correspond \u00e0 la moisson d\u2019images et de sons. Et puis l\u2019on se rend compte lors de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode, le montage, qu\u2019il y a des histoires qui tombent d\u2019elles-m\u00eames alors qu\u2019on avait des images pour celles-l\u00e0, et qu\u2019il y a des images tr\u00e8s fortes, dont on se rend compte qu\u2019elles rentrent en dialectique avec d\u2019autres s\u00e9quences, et qui am\u00e8nent finalement une histoire qu\u2019on ne comptait pas raconter.\u00a0 C\u2019est un jeu dialectique continuel entre image et son.<\/p>\n<p>Il y a des images qui am\u00e8nent des histoires, des histoires qui am\u00e8nent des images.\u00a0 Mon monteur, Rudi Maerten, je le connais depuis plus de trente ans, c\u2019est un ami proche, il a mont\u00e9 tous mes films. Je n\u2019ai pas besoin de lui expliquer pourquoi je fais du cin\u00e9ma, il sait le pourquoi d\u2019un film lorsqu\u2019il est face \u00e0 la mati\u00e8re, et donc a un pressentiment du comment.\u00a0 Si j\u2019\u00e9crivais totalement le film et ses histoires, et que je lui demande de les monter, on aurait un film o\u00f9 le son (donc les histoires) coloniserait les images.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, si je le laissais monter toutes les belles s\u00e9quences qu\u2019il a envie de monter, et qu\u2019apr\u00e8s il fallait que j\u2019\u00e9crive en fonction de cela, on aurait le contraire, un film o\u00f9 le son serait compl\u00e8tement colonis\u00e9 par les images.\u00a0 La seule fa\u00e7on de b\u00e2tir un film comme ceux de la trilogie, c\u2019est d\u2019avancer avec l\u2019histoire, puis de laisser le montage image se faire, puis retourner \u00e0 l\u2019histoire\u2026 C\u2019est l\u2019un puis l\u2019autre, et encore l\u2019un puis l\u2019autre pendant des semaines. Je suis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la table de montage, avec le texte du film, et je r\u00e9invente des histoires, en fonction des images. On compose en m\u00eame temps le sens et la forme de l\u2019histoire. J\u2019ai envie de red\u00e9finir la place du spectateur en lui disant: je veux partager ces choses avec toi. C\u2019est \u00e0 la fois une chose grave : ce qu\u2019on partage ce sont des r\u00e9flexions sur la vie et sur la mort. Et c\u2019est \u00e0 la fois quelque chose de futile parce que nous sommes des \u00eatres humains, parce que ce n\u2019est qu\u2019un film, qu\u2019une histoire que je raconte.<\/p>\n<p>Je lis \u00e9norm\u00e9ment, j\u2019aime beaucoup la litt\u00e9rature, d\u2019ailleurs je viens de finir un livre qui reprend le m\u00eame sch\u00e9ma que mes films, une th\u00e9matique forte avec une ligne de progression, dans laquelle s\u2019ins\u00e8rent mille petites th\u00e9matiques et histoires diff\u00e9rentes. C\u2019est un livre \u00e0 la structure tr\u00e8s nette, mais b\u00e2ti sur des digressions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les films sont montr\u00e9s en train de\u00a0<\/strong><strong>se faire, et portent en eux-m\u00eames des cl\u00e9s de lecture et de compr\u00e9hension, tout en laissant au spectateur sa libert\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Il y a quelque chose de fondamental dans ce type de narration\u00a0: je fais un film que je raconte \u00e0 quelqu\u2019un par un traitement th\u00e9matique qui fait que tout \u00e0 coup le spectateur regarde la forme devant lui, et se met \u00e0 mettre des choses en relation.\u00a0 Il travaille en somme, et continue le tricotage, le tissage du film dans sa t\u00eate.<\/p>\n<p>Je veille \u00e0 tout le temps dire au spectateur qu\u2019il est dans un film. On est du c\u00f4t\u00e9 de Godard qui dit tout le temps \u00ab Vous \u00eates face \u00e0 un film \u00bb, mais aussi d\u2019un cin\u00e9ma plus traditionnel, qui vous attire dans l\u2019histoire du film. En fait il y a certainement les deux dans la trilogie, l\u2019aspect romantique et assum\u00e9 de quelqu\u2019un qui raconte de belles histoires, et celui de quelqu\u2019un qui n\u2019arr\u00eate pas de dire: \u00ab Je suis cin\u00e9aste, c\u2019est \u00e0 travers le cin\u00e9ma que je me connais, que je regarde le monde, c\u2019est un film que vous \u00eates en train de voir. \u00bb Ces deux aspects entrent en dialectique, et de nouveau d\u00e9finissent une place particuli\u00e8re pour le spectateur.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-87714\" src=\"http:\/\/www.cinevox.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-2.jpg\" alt=\"\" width=\"782\" height=\"427\" srcset=\"https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-2.jpg 782w, https:\/\/welovecinema.be\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/05\/La-deuxi\u00e8me-nuit-2-480x262.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 782px) 100vw, 782px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Votre \u0153uvre offre beaucoup de digressions, et de d\u00e9ambulations, comme si le temps \u00e9tait un espace o\u00f9 s\u2019aventurer.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est la dialectique sur laquelle est en partie fond\u00e9 Les Films R\u00eav\u00e9s, celle de la mobilit\u00e9 et de l\u2019immobilit\u00e9, ce cin\u00e9aste immobile dans sa cabane qui r\u00eave le monde comme s\u2019il avait couru la terre enti\u00e8re. Ce n\u2019est possible qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 on joue avec l\u2019imaginaire du spectateur.<\/p>\n<p>\u00c7a prend une dimension encore plus forte si n\u2019ayant plus envie de courir le monde et de voyager, je demande \u00e0 tel ou tel cin\u00e9aste de me ramener une image. Je me souviens d\u2019un ami cin\u00e9aste qui allait \u00e0 Cuba, de lui avoir dit que j\u2019avais besoin de quelques images pour illustrer mon histoire. Il a pris sa petite liste de courses, et il m\u2019a ramen\u00e9 ces images. Il y a une dialectique : l\u2019immobilit\u00e9 du cin\u00e9aste qui r\u00eave le monde et fait voyager le spectateur, mais aussi une r\u00e9elle notion de partage.<\/p>\n<p>Avant de partager avec le spectateur, j\u2019ai partag\u00e9 avec d\u2019autres les images et les sons qui font le film, comme cet ami marin qui fait le tour du monde en bateau et m\u2019envoie des images pour mon film.\u00a0 C\u2019est un v\u00e9ritable partage, un \u00e9change, un potlach.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le paradoxe de \u00abLa Deuxi\u00e8me Nuit\u00bb, c\u2019est qu\u2019en donnant la vie, la m\u00e8re vous met face \u00e0 la mort : elle donne la joie et la souffrance de vivre. Pourtant, le film finit en fanfare, litt\u00e9ralement, sur une pulsion de vie.<\/strong><\/p>\n<p>Il y avait deux choses que je ne voulais pas faire avec ce film: montrer la mort \u00e0 l\u2019occidentale, de mani\u00e8re obsc\u00e8ne.\u00a0 J\u2019ai red\u00e9couvert les toutes derni\u00e8res images de ma m\u00e8re o\u00f9 elle \u00ab regarde \u00e0 ravers \u00bb\u00a0 la cam\u00e9ra, sans vraiment regarder ni voir tellement elle est loin dans la souffrance. Ce sont des images qu\u2019on a tout de suite enlev\u00e9es. Contrairement \u00e0 ma fille, pour le premier film, ma m\u00e8re ne pouvait plus donner son avis. Chaque chose montr\u00e9e d\u2019elle, je l\u2019ai soupes\u00e9e avec des pincettes du point de vue \u00e9thique. Je ne voulais pas la montrer souffrante et malade.<\/p>\n<p>L\u2019autre chose, c\u2019est que je ne voulais pas montrer sa mort comme une souffrance et une trag\u00e9die. La vraie trag\u00e9die est inscrite depuis le d\u00e9part dans la vie de chaque enfant. Il sait qu\u2019un jour il va devoir quitter sa m\u00e8re.\u00a0 C\u2019est ce que disent Braque, Pasolini : \u00ab Tu m\u2019as donn\u00e9 la vie mais tu m\u2019as mis face \u00e0 la mort et face \u00e0 notre s\u00e9paration \u00bb. C\u2019est vrai que toute enfance, m\u00eame la plus heureuse, est tragique.\u00a0 Pourtant je ne voulais faire ni un film clinique, ni un film triste. On est face \u00e0 quelqu\u2019un qui m\u2019a appris la libert\u00e9, le bonheur d\u2019\u00eatre soi-m\u00eame et d\u2019\u00eatre un individu libre\u2026\u00a0 La vie est extraordinaire, et elle ne le serait pas autant s\u2019il n\u2019y avait pas la mort. M\u00eame ta mort, dis-je \u00e0 ma m\u00e8re, donne envie de faire l\u2019amour, de voyager, de profiter, de vivre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce que la \u00ab deuxi\u00e8me nuit \u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p>Mon exp\u00e9rience, c\u2019est qu\u2019il y a \u00e0 la naissance un moment terrible o\u00f9 soudain l\u2019enfant prend conscience qu\u2019il vient d\u2019atterrir dans un monde froid, cruel, agressif, il n\u2019est plus dans le ventre doux, rond et chaud de sa m\u00e8re. Symboliquement, j\u2019ai choisi d\u2019appeler ce moment de rupture la \u00ab\u00a0 deuxi\u00e8me nuit\u00a0 \u00bb. La nuit symbolique de la s\u00e9paration. Comment dire cela?<\/p>\n<p>J\u2019ai invent\u00e9 un corps m\u00e9dical, et j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 des amis de le repr\u00e9senter. Je leur ai expliqu\u00e9 ce qu\u2019\u00e9tait la deuxi\u00e8me nuit pour moi, puis sans leur donner de texte, je leur ai demand\u00e9 de me le raconter.\u00a0 On a film\u00e9 quelques s\u00e9quences pour ouvrir le film, avec un aspect presque documentaire\/\u00a0 reportage, ce qui est assez in\u00e9dit pour moi\u00a0: des gens qui parlent en son synchrone, c\u2019est tr\u00e8s rare dans la trilogie ! Cette deuxi\u00e8me nuit, c\u2019est en quelque sorte la m\u00e9tonymie de la s\u00e9paration que le petit gar\u00e7on, puis l\u2019homme, va vivre toute sa vie.<\/p>\n<p>Quand ma m\u00e8re meurt, c\u2019est ma deuxi\u00e8me \u00ab\u00a0 deuxi\u00e8me nuit \u00bb.\u00a0 Cette histoire de la deuxi\u00e8me nuit, c\u2019est une fa\u00e7on d\u2019ouvrir le film puis une fois que le titre s\u2019est inscrit, on part dans la trilogie de la cabane.\u00a0 De m\u00eame, je finis le film en son synchrone avec la musique klezmer.\u00a0\u00a0 Le film a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u ainsi, pris entre deux parenth\u00e8ses r\u00e9elles en son synchrone\u2026 Tout le reste est un voyage po\u00e9tique.<\/p>\n<p>Enfin, une chose importante \u00e0 dire sur le film, c\u2019est que je voulais, \u00e0 l\u2019image de la mani\u00e8re dont le film a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit et produit, que ma m\u00e8re meurt pendant le cours du film : ma m\u00e8re est en train de mourir, je vais l\u2019accompagner en tant que fils et en tant que cin\u00e9aste.\u00a0 Au tiers du film, elle meurt. Il faut que le spectateur soit pris dans le cheminement qui m\u00e8ne \u00e0 sa mort et \u00e0 l\u2019image du le bateau qui dispara\u00eet \u00e0 l\u2019horizon.\u00a0 Maintenant que le bateau a disparu, comment regarde-t-on l\u2019horizon?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eric Pauwels est n\u00e9 \u00e0 Anvers en 1953. 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